Y’a un truc qui m’intrigue à Redmond…

Lors de la keynote du PASS Summit 2014, le mois dernier à Seattle, nous avions eu droit à la présentation de la nouvelle organisation de l’équipe Data Platform de Microsoft, par son leadership flambant neuf:

Des visages sur des noms

Trois patrons pour trois lignes de produit, alignées comme indiqué sur ce schéma (désolé pour la qualité patate):

L'organisation MS 2014 pour la Data en image

Si on repart du fond de la stack:

  1. Capture + Manage : T.K. « Ranga » Rengarajan, patron de Data Platform, Cloud & Entreprise. A comprendre : SQL Server, Azure SQL Database, Azure HDInsight, Azure DocumentDB, Azure Search and Analytics Platform System
  2. Transform + Analyze : Joseph Sirosh, patron de l’Information Management & Machine Learning. A comprendre : Tous les services Azure Data
  3. Visualize + Decide : James Phillips, patron de Power BI, tout du moins la partie sur O365 (dashboards, Q&A, Mobile…)

Là dessus je me fais les remarques suivantes:

  • Ranga ancien SAP, Joseph ancien Amazon, James co-fondateur de Couchbase, les 3 ont moins de 2 ans d’ancienneté chez MS, ça sent l’air frais, c’est plutôt bon signe
  • Ranga et Joseph sont CVP (haut gradés), James n’est « que » General Manager, bizarre cette différence de traitement…
  • Vis à vis des périmètres de chacun:
    • Pour Ranga on a une ligne claire de produits, énoncée dans sa fiche speaker, pas de doute possible
    • Pour Joseph, il fallait être là en scéance mais ont été nommés : Azure Data Factory, Azure Stream Analytics et Azure Machine Learning. On en reparle plus bas.
    • Pour James c’est moins clair. Power BI ça veut tout et rien dire, et si on s’en réfère au slide ci-dessus on note l’absence de la partie add-ins intégrée à Excel (soit à mon sens la plus importante), qui on le sait est retombée dans l’équipe Office. Bon il en parle quand même pendant la session, mais manifestement ça n’est pas dans son scope. Notons qu’il nous a parlé également de 2/3 autres trucs mignons qui arrivent et sont eux dans son scope : les Dashboards Power BI et l’amélioration du refresh on-premise/Power BI (genre SSAS et scheduling)

On en revient à Joseph, en reprennant le slide et en essayant de matcher les produits qu’on connaît en face:

  1. Orchestration -> Azure Data Factory
  2. Information Management -> ?
  3. Complex Event Processing -> Azure Stream Analytics
  4. Modeling -> ?
  5. Machine Learning -> Azure Machine Learning

Hum… Y’a des trous! Et si on observe le pattern, ça sent les services Azure managés, pour de l’Information Management et du Modeling! Wait, what?

Je ne sais pas vous, mais moi ça m’intrigue définitivement 😉

J'ai hâte!!

En Novembre cette année, c’est à Seattle que ça se passe!

Cette année encore c’est avec beaucoup de plaisir que j’irai au MVP Summit la première semaine de Novembre, invité par Microsoft, payé par ma boîte, Cellenza, autant vous dire que la vie est belle 🙂

La cerise sur le gâteau, c’est que la même semaine, en quinconce comme qui dirait, se déroule le PASS Summit. Vous le savez, le PASS c’est la Professional Association for SQL Server, le méga groupe mondial des utilisateurs des technos data issues de Microsoft. Evidemment le GUSS, notre groupe d’utilisateurs en France, est une émanation du PASS, c’est un « chapitre local » en mode Sons of Anarchy, local chapter for France !

Photo des motards de Sons of Anarchy

Et sinon… vous pensez quoi de Power Query dans un contexte de Data Governance ? Jean-Pierre tu préfèrerais pas qu’on aille boire une bière plutôt?

Le PASS Summit c’est genre la plus grosse conférence data dans l’écosystème Microsoft, et de loin. Sur place il y a juste toutes les stars du milieu (la liste est ridicule).

C’est simple, pour moi participer au PASS Summit c’est le meilleur retour sur investissement possible en terme de formation et motivation pour quelqu’un qui travaille dans la stack SQL Server. Oui l’addition peut paraître salée, entre le coût de la conférence, les billets d’avion et le logement sur place, mais rien d’autre ne déclenche un tel boost de compétences et d’implication chez un collaborateur.

Logo du PASS Summit 2014

Cette année la délégation française est vraiment nombreuse, c’est le moment, rejoignez-nous à Seattle 😉

Retour sur « Accélerez vos idées », la keynote de Microsoft du 15/04

Bon bin ça c’est fait : hier à 19h a eu lieu comme prévu la belle présentation de Microsoft sur leur plateforme Data / BI / Big Data, avec entre autres Satya Nadella (CEO) et Quentin Clark (cVP Data) sur scène.

Si vous voulez un compte rendu exhaustif, je conseille fortement l’article de JP sur le sujet.

Voir à travers le marketing...

Voir à travers le marketing…

Mon retour en vrac :

  • Il est bien Satya sur scène, j’aime beaucoup son élocution et sa présence, beaucoup plus que ce qui se faisait avant…
  • Autant le discours marketing est chouette, « Turn the data exhaust into Ambiant Intelligence », autant à mon sens les outils ne sont pas encore au niveau de ce qui est promis. C’est vrai que les premières briques sont là, et c’est vrai aussi que j’ai confiance dans la capacité des équipes produit à créer une offre cohérente à moyen terme. Mais ne mettons pas la grenouille avant les bœufs, sinon on aura des déçus.
  • D’ailleurs entendre un beau message marketing tout neuf, et voir que quasiment toutes les démos qui l’accompagnent ont déjà été présentées, et certaines depuis 1 an, c’est pas top top…
  • Un autre slogan qui fait sourire c’est « Mobile First, Cloud First », parce qu’en BI si on est couvert pour le Cloud, pour le Mobile c’est moins évident… Mais ça vient, ne faisons pas de mauvais esprit 🙂
  • Et dans le détail produit :
    • Polybase ça m’a l’air excellent (dans une même requête SQL on touche Hadoop et les bases relationnelles), dommage que pour le moment ça ne marche que sur PDW, pardon APS (l’appliance de MS change de nom). A quand dans Azure ?
    • On note qu’Office est présenté comme l’interface universelle pour tous les usages de données. Dommage pour SSRS 😉
    • Ça cause beaucoup Machine Learning, mais pour le moment rien de concret dans l’offre. On notera qu’à ce sujet pour une fois MS fait les choses à l’envers en termes de développement produit : ils partent d’une solution verticale existante (solution ML pour la recherche dans Bing) et tentent d’en faire un produit générique, alors que d’habitude ils développent les outils d’abord et recherchent les usages ensuite. Y’a du challenge !

Voilà, voilà. Content de voir que Satya mouille sa chemise pour la BI, mais ce n’était pas non plus une keynote à la Apple avec des annonces révolutionnaires qui font rêver. En fait ce qui m’a fait le plus plaisir pendant cette présentation, ce sont les commentaires en live des copains sur Twitter 😉

Oyez, oyez l’appel de Redmond : Accélérez vos idées le 15 avril à 19h!

Update 2014-04-16 : Le retour c’est ici.

Version courte : Si on fait de la BI, on ajoute ce webcast à venir dans son calendrier!

Version longue :

Je vous avoue que je suis un peu déçu. En effet j’étais partie faire une traduction automatique de « Accelerate your Insights« , le titre original de l’événement dont je vais vous parler, dans l’idée d’obtenir une expression bien moche à mettre en titre de cet article. On aurait tous bien ri, ça m’aurait fait l’accroche de l’article, vous vous seriez exclamé « ce Fleid, quel mec cool et marrant ! ». Mais non. A la place j’ai eu « Accélérer vos idées », qui est finalement une bonne traduction. Je dois dire que je n’aurais jamais cru être déçu de la bonne qualité d’une traduction automatique. Tout arrive.

Satya Nadella annonce l'événement du 15 avril 2014

Pour revenir au sujet, si vous suivez ce blog pour la partie Business Intelligence, vous vous devez d’entendre l’appel de Microsoft du 15 avril à 19h. Parce que ce soit sur Twitter, Facebook, les newsletters ou les blogs MSDN, tous les 2 jours on a un rappel de la convocation. Et vu le beau monde autour de la table, ils doivent avoir quelque chose d’important à nous dire. Je vous donne : Satya Nadella, le président, Kevin Turner, le premier ministre, et Quentin Clark, le ministre de la Data (qui sort du bois en ce moment).

Ça va causer SQL Server 2014, Power BI, et certainement Azure. J’espère également des news côté Big Data avec HDInsight et PDW.

Donc direction vos calendriers : le 15 avril à 19h00, surement sur Channel 9.

Des news de Redmond : Power BI et Quentin Clark

En ce moment Microsoft communique beaucoup autour de la BI (cf. pourquoi). Alors pour éviter d’être submergé, je vous ai fait une petite sélection avec mes commentaires:

Logo Power BI

  • Power BI passe en « General Availability »
    • Alors déjà GA ça veut dire quoi ? Mais qu’on va commencer à payer tiens donc! En toute honnêteté je ne trouve pas ça très cher pour les entreprises : 20€/utilisateur/mois si vous êtes en E3/E4 (ce qui devrait être le cas). Pour les particuliers le message est moins rose : si Office 365 Famille c’est vraiment pas cher (90€/an pour 5 machines), aucune possibilité d’avoir un petit morceau de Power BI avec. La version minimale d’Office pour y accéder semble être Office 365 ProPlus à 13€HT/utilisateur/mois, et avec ça on s’ouvre l’option Power BI à 40$/utilisateur/mois en plus. Ouch. Même combat pour les étudiants, qui touchent Office à 80€ pour 4 ans (c’est donné !), mais dont la version d’Office n’est pas éligible à Power BI (paf 52$/user/mois pour l’upgrade full…). Nul.
    • Une des conséquences du passage en GA est la clarification du destin de Power Map, qui rejoint la distribution Excel par défaut (dans les versions streamées – celles qui se mettent à jour toutes seules). Fini donc d’avoir à installer l’add-in en plus, c’est plutôt cool.
    • Alors oui, ça miaule dans les chaumières parce que Microsoft fait du gros forcing sur le passage en licence par abonnement (Office 365) plutôt qu’en boite. Mais de mon côté si d’une part je trouve les prix ultra agressifs (mais ok, rien ne nous met à l’abri d’une explosion des tarifs une fois que tout le monde aura signé… euh en fait si, la concurrence), d’autre part je trouve fantastique le principe des mises à jour continues, si possible via les Updates dans les applications. Ce dernier point on l’a vu à l’œuvre dans la preview de Power Query depuis le milieu de l’année dernière, avec des grosses mises à jour livrées tous les mois, et franchement c’est juste le top (de la même manière que Chrome ou Firefox se mettent à jour tout seul). Dans l’absolu je préfère largement avoir des cycles de release mensuels, plutôt que d’attendre 3 ans pour avoir à migrer de SQL Server 2005 à 2008 (ou pas).
Passage en GA de Power BI – Annonce sur le licensing

Passage en GA de Power BI – Annonce sur le licensing

  • Le deuxième gros sujet c’est les pontes de Microsoft qui prennent le micro, et celui qui nous intéresse c’est Quentin Clark, le grand patron de l’offre Data, sur la vision de Microsoft pour sa plateforme
    • En 2 mots, son message : « Cloud First »
      • Aujourd’hui : on rouille sur de l’IT à la papa, avec des bases OLTP, des DWH relationnels et de la BI opérationnelle. Tout ça c’est basé sur une approche, de construire des « systèmes d’enregistrement », comme les ERP et tous les autres applicatifs LoB, qui sont designés spécifiquement pour enregistrer ce qu’il se passe sur un flux métier de l’entreprise (une interface pour enregistrer une vente, un échange client, un recrutement)
      • Demain on pourra construire des « systèmes d’observation », complémentaires, qui auront l’approche inverse, soit observer les événements dans tout l’écosystème (et pas seulement dans l’entreprise) pour en déduire de l’information
    • A mon sens c’est encore très flou, mais pour Microsoft l’objectif devient alors de nous construire l’outillage nécessaire à cette vision, autour des briques suivantes:
      • Modern Transaction Processing : la communication inter-applications dans le cloud, et non plus on-premise, en fait c’est la cloudification des EAI – le concept est excellent
      • Modern Business Intelligence : Self-Service, Machine Learning, Data Viz, tout ce qui concerne la modernisation du rôle et de l’usage de la BI
      • Modern Data Warehouse : tout ce qui doit se faire en back office pour permettre la Modern BI, soit pour le moment principalement le traitement des hautes volumétries via Big Data
      • Le tout en cloud et PaaS, pour la scalabilité, et effacer les problèmes d’infrastructure afin de se concentrer sur les problématiques métier
  • On entend donc bien le message « Cloud First », à tous les niveaux, qui au-delà du changement de mentalité technologique, avec ses avantages et ses inconvénients, va surtout permettre à l’éditeur de terminer la transition de son business modèle de la vente de boîtes à la location de services
    • Et là moi je suis à 100% pour, puisque vous le savez j’ai un avis assez tranché sur l’économie numérique, et autant payer pour un .exe ça me pose un problème, autant payer tous les mois pour un service, qui m’apporte de la valeur, qui s’améliore dans le temps, je suis complétement d’accord
    • Maintenant si MS a fait la preuve de sa compétence Cloud (Azure c’est juste énorme), et si ça commence à sentir bon côté Modern Data Warehouse (HDInsight c’est top, StreamInsight c’est bien, manque plus que des IDE avec des IHM dignes de ce nom), on est encore léger côté Modern BI : toujours à poil sur le Machine Learning (le nouveau nom du Data Mining), et pas complétement convaincu par les capacités de Data Viz de la plateforme (mais c’est un point d’attention de leur côté). D’ailleurs sur ce dernier point, vous noterez dans l’article que le sujet est retourné du côté des équipes Office (cf les titres des auteurs à la fin) plutôt que Data Platform (chez Quentin). Est-ce positif ? Sincérement, vu SSRS, à mon avis oui…
    • Dans tous les cas, respect à Quentin Clark de faire l’effort de nous exprimer sa vision, même si c’est un exercice qui va devenir strictement nécessaire pour établir une vraie relation de confiance avec nous, les utilisateurs de ces services.
Ça va, c’est clair ?

Ça va, c’est clair ?

N’hésitez pas à réagir dans les commentaires 😉

Partenaire Microsoft : plus qu’un choix, un métier!

Via Chris Webb, un article de Frans Bouma sur l’évolution de la relation partenaire/éditeur avec Microsoft. Si l’article est récent le sujet ne l’est pas, Joel Spolsky en avait déjà parlé tantôt (il y a 12 ans !), et même moi par ici.

L’article est un peu long, je vous le résume (même s’il vaut le coup d’œil) :

Microsoft développe des logiciels. Pour rester dans le business l’éditeur crée beaucoup de nouveaux produits, sur des nouveaux périmètres ou en remplaçant des softs existants (qui marchaient ou pas). Nous, partenaires (consultants ou éditeurs à notre tour), faisons le choix d’utiliser ces produits, d’investir dans ces produits, et de là découle une dépendance à la technologie de Microsoft. Et si de tout temps, via cette dépendance, Microsoft nous faisait subir ses ruptures technologiques sans que nous ayons trop le choix (cela faisait partie du deal), désormais des alternatives existent et nous pouvons/devons-nous interroger sur l’opportunité de changer complétement d’environnement lorsqu’une nouvelle rupture survient.

Un très bon exemple de ça actuellement est la BI avec SQL Server, puisque nous sommes en train de subir une rupture technologique entre l’offre traditionnelle (SSIS/SSAS/SSRS) et la nouvelle génération d’outils (Power BI/HDInsight/Azure).

En tant que consultants, nos connaissances techniques sur les « anciens » produits ne se transposent au final que très peu sur les nouveaux produits (DAX, Hive, Pig). Au moment de dégager du temps de formation, on doit donc s’interroger, quitte à repartir de 0, sur l’opportunité de passer à une autre stack technologique : QlikView, Tableau, MicroStrategy… Voire carrément un domaine connexe : Machine Learning et Big Data via la stack Hadoop, statistiques via R ou Python, etc…

Bien choisir son outil de travail c'est crucial!

Bien choisir son outil de travail c’est crucial!

Dans le deux cas (autre éditeur, autre domaine) on ventile les risques : dans le premier on ventile ses dépendances sur 2 éditeurs,  dans le second on investit sur l’open source, qui traditionnellement véhicule des écosystèmes moins tyranniques que ceux reposant sur un éditeur unique.

Si de mon côté le choix est fait, je pense que tous ceux qui prennent leur carrière au sérieux doivent se poser sérieusement la question, autant d’un point de vue personnel (quel sera le prochain livre que vous allez ouvrir) que stratégique (quelle offre de service construire pour mon pôle décisionnel).

Par contre, si ici je mentionne les risques d’un partenariat avec Microsoft, il fallait également que je mentionne les avantages énormes qui en découle: entre autres, l’ensemble des Microsofties dont le métier à temps plein c’est de nous aider (merci les gens!),  le programme MVP dont je profite, ou encore les avantages en licences via le Microsoft Partner Network. Comparé aux autres éditeurs, nous sommes choyés!

Alors oui, je vous dis que pour moi le choix est fait, mais je fais monter le suspens, on en reparle plus tard 😉

Suspens!