Excel 2003? En 2011? Soyons sérieux…

Nous sommes en 2011: Excel 2003 est sorti il y a 8 ans, IE6 et Windows XP il y a 10 ans.

Malgré ça je rencontre encore très régulièrement ces environnements chez mes clients, dont des sociétés très bien cotées au CAC40.

Alors je veux bien que les départements IT doivent se protéger:

  1. de la ré-écriture des applis en cas de non compatibilité ascendante
  2. des débacles produits comme Vista

Ok, ce sont des arguments valables…

Mais pour des softs vieux de 8 ans!? Qui de plus ont trouvé des remplaçants reconnus sur le marché! C’est dur à avaler.

Excel 2003 quand même! Va jouer avec les add-ins OLAP pour essayer de te connecter à Analysis Services. Et une fois que tu y arrives, va faire rêver un client en lui montrant un cube à travers Excel 2003. C’est dur. Très dur. Surtout quand l’altérnative c’est Reporting Services 2005.

Parce que si d’un point de vue bureautique c’est le drame, pour moi déployer des nouveaux projets en 2011 sur une plateforme qui date de 2005 (suivez mon regard) c’est encore pire.

Alors oui ça coûte de renouveler son parc logiciel. Mais si au départ on économise sur le prix des licences et on capitalise sur l’expérience acquise par les développeurs, à l’arrivée on se retrouve avec des collaborateurs encroutés sur des plateformes abandonnées par les éditeurs et des développeurs aux compétences complétement obsolètes.

Gérer son parc c’est un équilibre, il ne faut pas aller trop vite, mais il ne faut pas non plus oublier de ne pas aller trop lentement. Et pour moi déployer aujourd’hui des postes client avec des softs vieux de 10 ans c’est une marque claire d’un dysfonctionnement important de la DSI.

Je conclurai juste en disant que pour remercier les clients qui font l’effort de se tenir à jour sur les softs, quand on m’en donne les moyens en sorte, je livre toujours un petit quelque chose en plus. Le dernier exemple c’est une jolie petite interface web qui permet d’exécuter les jobs SSIS de rafraichissement du DWH depuis un navigateur web. C’était pas dans le forfait mais c’est pas grave, c’était marrant et au final sacrément pratique pour les utilisateurs!

Au revoir 2010, enfin!

Pour marquer la fin de cette année 2010, je vais me livrer à l’exercice proposé par Seth Godin et Alex Payne. Je vous encourage à faire la même chose (pourquoi pas en commentaires juste en dessous), c’est révélateur. Cet exercice est simple: lister ses accomplissements professionnels de 2010.

Pour moi, 2010 ça a été:

  • Monter un blog, écrire plus de 100 articles, partager avec une dizaine de personnes ces nouvelles réflexions qui nous passionnent
  • Changer de boulot, retourner au consulting et trouver une boîte avec laquelle je partage des valeurs
  • Livrer des solutions de bout en bout
    • Un ETL qui pulse
    • Deux plateformes BI complètes qui ravissent leurs utilisateurs
  • Aider des utilisateurs à sortir de la galère

Et 2011 ce sera:

  • Canaliser mon envie de m’exprimer, trouver mon rythme sur ce blog, me décider sur la dichotomie des sujets (Stratégie Business vs Business Intelligence)
  • M’investir dans ma nouvelle boîte, évidemment dans les missions, mais surtout dans la structure

Pour conclure je vous partage ma seule résolution de 2011: cette année je refuse de limiter mes initiatives par ma propre faiblesse ou celle des autres. Je compte sur vous pour me remettre ça sous le nez si jamais vous voyez que je m’écarte du chemin 😉

Encore une fois bonnes fêtes à tous, à l’année prochaine 🙂

Expérimentations

Pour poursuivre rapidement sur le thème de l’article d’hier et l’attitude défensive, à la limite du protectionnisme, qui nuit à certaines entreprises,  voici une courte histoire racontée par Dan Ariely: « Une expérimentation? Non!« .

Rapidement, il a contacté Whole Foods, une chaîne américaine de supermarchés spécialisés dans les légumes bio, pour mettre en place des expérimentations au croisement entre son domaine (les dissonances cognitives) et les légumes. C’était une opportunité énorme pour le marketing de mieux comprendre ses clients, leurs motivations et leurs attentes.

Vous vous en doutez vu le thème de l’article, ils ont refusé.

Quand on sait qui est Dan Ariely, cela paraît incroyable de refuser une telle opportunité. Et pourtant! A trop vouloir éviter les risques, à trop vouloir se protéger, on rate des occasions fantastiques. A long terme, alors que le monde tourne et évolue autour de soi, cela signifie entrer dans un déni complet de la réalité vraiment néfaste au business model.

Virer ses clients!?

Phil Simon, auteur de « Pourquoi les nouveaux systèmes plantent« , a écrit un article en début de mois sur le sujet: virer ses clients.

Attention, il ne parle pas au faux professionnel qui maltraite ses clients et se permet de les abandonner alors qu’il a déjà été payé, non non! Dans cet article il s’adresse au vrai professionnel qui donne tout ce qu’il a, qui tente de faire de son mieux, et qui est confronté à un client difficile à gérer, exigeant à l’extrême, indécis voir bipolaire (pour rester poli, évidemment).

Dans ces cas là, Phil Simon recommande évidemment de terminer la relation client/fournisseur. Cela paraît évident à froid, mais c’est un bon rappel.

D’abord parce que par définition un bon consultant ne baisse pas les bras, pour lui abandonner n’est pas une option. Il est alors facile, lorsqu’on est comme ça, de se laisser dépasser par un mauvais client qui profitera, consciemment ou pas, de la situation.

D’autre part parce que ces relations finissent par dégénérer en systèmes pervers desquels il n’est vraiment pas facile de se sortir.

Ce qu’il faut retenir c’est que si sortir de son lit le matin pour confronter un client devient une véritable pénitence, il faut savoir arrêter les dégâts. Et pour les consultants qui n’ont pas le pouvoir de dire stop, il faut savoir remonter à son manager son profond malaise le plus rapidement possible (et évidemment disposer d’un manager qui est un être humain, mais c’est une autre histoire…).

A l’autre extrême, après les pires clients les meilleurs, on a Seth Godin qui nous a pondu une petite check-list de comment être un client génial. C’est vraiment mieux!

Encore un exemple de la sagesse de Seth Godin

Pour ceux qui ne connaissent pas Seth Godin, c’est un peu l’oracle de la stratégie business de notre temps. Il dit des choses parfois cryptiques, étranges, pour ceux qui ne sont pas sensibles à ses idées. Par contre une fois converti à sa philosophie, tout devient évident et on ne comprend plus ce qu’on ne comprenait pas.

Moi je suis converti, je lis son blog, j’ai lu Linchpin, son dernier livre, ne vous étonnez donc pas si je le cite régulièrement par ici.

Dans son dernier article, il décompose le changement en 2 parties, toutes les deux problématiques:

  1. Les gens qui ont peur du changement vont protester immédiatement, clair et fort. Ils vont protester sans prendre en compte la réalité, ni même pondérer les scénarios catastrophes qu’ils imaginent par les probabilités de chance qu’ils se déroulent réellement.
  2. Les gens qui vont profiter du changement n’y croient pas, tout du moins pas tant que le changement n’est pas arrivé. Ils restent donc assis tranquillement en attendant que ça se passe.

C’est vrai.

Mais heureusement il existe des gens, ou des situations, qui cassent cette dynamique. A vous de trouver les uns, ou provoquer les autres, pour que le statu quo se brise!

J’en profite pour rappeler la technique de 37 Signals pour diminuer la résistance au changement : diminuer les enjeux des décisions. Comment ils font ça? En prenant de toutes petites décisions (Make Tiny Decisions). Et comment fait-on pour les grosses décisions? On les découpe en petits morceaux, soit sur le périmètre engagé, soit dans le temps en les rendant temporaires de manière explicite. En France, on aime prendre des grosses décisions, pour se prouver notre propre importance dans l’organisation, et on aime les décisions éternelles. Si c’est le cas dans vos boîtes, ne vous étonnez pas des gros turnovers. Ce type de management ne peut pas marcher sur le long terme, il implique trop de frustrations. Donc n’hésitons plus: découpons!

Meta – Rythme d’écriture

Certains le savent déjà, certains l’apprendront avec cet article, d’autres n’en auront rien à faire, mais je change de job le mois prochain. C’est une super bonne nouvelle, je quitte un système dysfonctionnel pour intégrer une équipe avec laquelle je partage des valeurs cruciales. J’en reparlerai sans doute plus tard 🙂

Je suis donc en train de transmettre mes dossiers à mon remplaçant, et ça nous demande beaucoup d’énergie pour être bien fait.

Tout ça pour dire que dernièrement mon rythme d’écriture a été erratique, et qu’il le sera encore la semaine prochaine, j’en suis désolé. Tout devrait rentrer dans l’ordre après, puisque j’aurai quelques jours de vacances bien mérités 😉