4 liens pour la semaine (2013-39)

Encore une belle sélection cette semaine!

  1. Tim O’Reilly qui nous raconte ce qu’il pense avoir raté lorsqu’il a monté les éditions qui portent son nom. Vraiment intéressant, même s’il évite un des plus gros reproches qui lui est fait aujourd’hui : le véritable manque de constance sur la qualité des ouvrages publiés (via HN).
  2. David Graeber sur l‘absurdité de l’échelle de valeur actuelle qui veut que des jobs réellement utiles à la société (profs, infirmières, plombiers…) soient dénigrés par rapport à des jobs sans réelle valeur (les administratifs, les emplois du service qui n’ont de sens que parce que nos propres jobs prennent définitivement trop de temps…). (Commentaires via HN)
  3. Rich Armstrong de Fog Creek Software (la société de Joël Splosky), sur leur politique de travail à distance. Enfin une dont on peut s’inspirer: pragmatique, claire, juste.
  4. Joe Armstrong qui nous détaille à quoi un programmeur passe son temps lorsqu’il développe. Il part d’un débat sur Erlang, mais généralise rapidement. De la vraie sagesse!
  5. Et je triche pour rajouter une sucrerie: Lewis Lehe et Victor Powell qui nous expliquent le paradoxe de Simpson. A lire absolument pour tous ceux qui ont au moins Excel installé sur leur poste. (via FlowingData)

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Electronic Arts ne teste pas ses tests?

J’ai reçu un second mail d’EA, le lendemain du premier:

Greetings from EA,

The e-mail you received yesterday was sent in error to some users during a test procedure. The e-mail is not dangerous, and your address has not been shared with any third parties. We apologize if the email caused any confusion, and the message content itself can safely be ignored. Thank you for your understanding.

If you have any other questions about this issue, your account, or any of our games, don’t hesitate to contact our support team.

Sincerely,

Electronic Arts

Le côté positif : ils assument l’erreur. Je mets quand même un mauvais point sur le « We apologize if… », la formule creuse qu’il faut définitivement arrêter d’employer si l’on est sincère.

Le côté négatif : une campagne de test qui passe en production? Hu hu faut revoir les procédures de déploiement les gens, si c’est vraiment ce qu’il s’est passé ça craint 🙂

Electronic Arts ne teste pas ses mailings, tss tss tss…

(Mise à jour 11/04/2011)

Et je trouve ça grave!

Aujourd’hui j’ai reçu ce mail:

Mailing reçu de Eletronic Arts

Mailing reçu de Eletronic Arts

L’adresse source me semble propre: EA@em.ea.com. Entre nous, va savoir ce qu’est le em dans l’adresse. Ca doit surement avoir du sens dans l’organisation interne de la boite, ou par le nom du serveur ou du projet à l’origine de la chose, mais est-ce vraiment nécessaire de le faire apparaître dans un mail publique comme celui là? Mais passons, là n’est pas le débat.

Le problème est que je ne me souviens pas avoir créé un compte chez eux ces derniers jours. J’ai bien installé un jeu en début de semaine dernière mais je ne crois pas qu’il soit EA, et de plus je doute qu’ils mettent 1,5 semaines à créer un nouveau compte.

Donc pour moi il doit y a erreur: je ne devrais pas recevoir ce mail. Puisqu’existe l’option dans le mail (en taille de police deux fois plus petite que le reste, vous avez honte ou quoi?) je vais désactiver et fermer le compte et oublier toute cette histoire.

Le problème c’est que quand je clique sur ce lien, j’arrive là:

Echec critique Electronic Arts!

Echec critique Electronic Arts!

Pour ceux qui ne verraient pas l’image, on me demande un login et un mot de passe… pour désactiver un compte dont je n’ai pas le mot de passe (et en espérant que le login soit l’adresse mail).

Alors peut être que le serveur « profile » est down ce matin, peut être qu’une configuration a sauté dans le dernier reboot, je ne sais pas, mais faudrait peut-être penser à tester tout ça, régulièrement. Parce que là clairement c’est la honte dans le user flow.

Donc je fais quoi moi? Je dois me rajouter un item à ma todo list pour réessayer plus tard? Je dois perdre 10 minutes pour trouver une adresse de contact et me plaindre? Perdre 30 minutes pour un article de blog (clairement la meilleure option ;))? C’est nul comme gestion des clients. Et le pire c’est que je ne sais même pas si je suis client dans ce cas…

4 liens rapides pour la semaine (2011-12)

Et voilà!

  1. L’excellent Dan Ariely en vidéo. Ça parle de self-contrôle et de tentation et c’est l’incontournable de la semaine 🙂
  2. Un graphique intéressant via FlowingData sur l’adoption des derniers gadgets et leur prix.
  3. Jason Fried (37 Signals) nous raconte comment, pour son business, il a su transformer un échec critique en un événement fédérateur.
  4. Enfin, Cory Doctorow sur comment il utilise la redondance pour éviter de se noyer sous le flux de données constant qu’est Internet. A mon avis il y a une idée business intéressante qui se cache là dessous…

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Wesabe vs Mint : les vraies raisons de l’échec

C’est toujours intéressant de connaître l’histoire des vainqueurs, d’essayer de lire dans cette histoire pour comprendre quels ont été les critères de succès. Mais très souvent ça ne sert à rien, à cause de la fâcheuse tendance de l’être humain à voir des causes là ou n’y en a pas.

Ce qui est bien plus intéressant c’est de connaître l’histoire des perdants. Surtout quand ils arrivent à prendre suffisamment de recul pour comprendre d’où est venu l’échec. Et le dernier en date à se livrer à cet exercice publiquement est Marc Hedlund, co-fondateur de Wesabe (aujourd’hui l’appli a disparu, il ne reste « que » la communauté). A la base, Wesabe était la première application en ligne de gestion de compte, un type d’application désormais défini comme Mint-like. Le principe: on upload ses extraits de compte et l’application génère automatiquement du reporting financier mignon qui permet de comprendre pourquoi on est toujours à découvert dès le 15 du mois.

L’article en question est vraiment à lire, il se trouve par là.

Dans la première partie de son analyse, Mister Hedlund explique les raisons, souvent évoquées par la presse, qui selon lui ne sont pas à la base de leur échec:

  • Que Mint soit sorti en premier. C’est faux: c’est Wesabe qui est sorti en premier, et ils ont même réussi à prendre une bonne longueur d’avance en terme de nombre d’utilisateurs. Mais Mint a profité des débuts de Wasabe pour observer dans l’ombre et comprendre ce qu’il fallait faire, et ne pas faire. Le premier n’est donc pas toujours le gagnant.
  • Wesabe n’a jamais fait d’argent. C’est faux mais pas vraiment pertinent par rapport à cet article 🙂
  • Mint a un meilleur nom et un meilleur design. C’est vrai, mais Marc Hedlund ne pense pas que ça ait été un point déterminant dans la victoire de Mint. J’ai tendance à penser que si, tout du moins pour le design. Pour viser le grand public, il vaut mieux une appli belle mais un peu foireuse sur les bords que l’inverse, contrairement aux professionnels, qui sacrifieront la beauté pour les fonctionnalités. Pour moi, il faut d’abord que (1) l’appli fonctionne et fonctionne rapidement, ensuite (2) qu’elle soit belle, enfin (3) qu’elle couvre l’intégralité du périmètre fonctionnel. Mint a les deux premiers, Wesabe a tenté le premier et le dernier.
  • Wesabe n’a pas été viral alors que Mint oui. Faux: les deux l’ont été plus ou moins.

Mais alors, si ce ne sont pas ces raisons qui ont provoqué la chute de Wasabe, quelles sont les vraies raisons? Pour Marc Hardlund c’est:

Une erreur d’exécution : Ils ont eu un choix difficile à faire pour une fonctionnalité clef de l’application: le moteur de conversion automatique des fichiers uploadés provenant de la myriade de banques des utilisateurs dans leur modèle de stockage unique. Honnêtement, j’aurai fait le même choix qu’eux: re-développer en interne plutôt que d’utiliser celui de l’unique fournisseur à la réputation plus que sulfureuse. Mint a eu moins de scrupule, ça a payé: ils ont eu accès à la fonctionnalité d’upload automatique (sans retravail des utilisateurs donc) avant Wasabe qui avait été lancé 6 mois plus tôt.

Une erreur de design :  Mint part du principe que l’utilisateur ne doit rien faire, le moteur va donc essayer de ranger automatiquement les dépenses qui apparaissent sur les relevés de compte de l’utilisateur dans des catégories type loisir, restaurants, loyer… Évidemment ça donne des résultats bien foireux, mais ça donne des résultats. L’utilisateur de Mint a donc accès à un graphique de ses comptes dès les premières minutes de l’utilisation de l’application. A côté de ça, l’utilisateur Wasabe devait saisir et saisir et corriger et saisir et trier et saisir avant d’avoir le même résultat. Ok Mint n’est précis qu’à 80%, mais il donne un résultat quand Wasabe ne donne rien.

Ce qu’il faut retenir de cette aventure c’est que l’équipe de Wasabe a fait tous les bons choix par rapport à l’inscription du business dans le long terme: un moteur développé en interne, des résultats d’une grande qualité. Mais ils étaient placés face à des concurrents prêts à choisir des solutions court termes pour gagner absolument et tuer la concurrence. C’est ce qu’il s’est passé. C’est triste, mais certainement pas incontournable.

Le fait d’inscrire son business dans une stratégie long terme n’implique pas de renoncer à employer des tactiques court termes. C’est même strictement nécessaire pour lutter contre des business qui eux ne vivent qu’autour de leur stratégie court terme.

Comment cela s’applique pour Wasabe? Si la fonctionnalité d’import automatique était tant critique ils auraient dû lancer les 2 efforts en parallèle: développer leur propre moteur en interne, au calme, pour le long terme, et utiliser celui du fournisseur foireux à court terme pour gagner le sprint initial. Si les utilisateurs voulaient avoir un premier rapport rapidement après s’être inscrit, alors il fallait le leur offrir, même s’il était incomplet voir faux. Ensuite, rien n’empêchait d’éduquer progressivement ses utilisateurs (tout du moins la partie réceptive), en utilisant un bon design, pour les encourager à aller plus loin et faire mieux, et à ce moment leur offrir les outils pour le faire.

Et comme d’habitude, je conclue en faisant le lien par rapport au métier de consultant, où là aussi il faut savoir utiliser des tactiques à court terme pour faire progresser ses clients sur le long terme. Parce qu’il ne faut pas oublier que lorsqu’on se fait sortir d’un compte par des concurrents qui utilisent des techniques court terme, ça rend la tâche difficile pour faire progresser ses clients… qu’on a plus…

Hiérarchies

Des hiérarchies, oui, mais pas celles de SSAS 🙂

  • Celle dont on commence sérieusement à douter:

Dilbert.com

Boss : Selon le dernier sondage anonyme des collaborateurs sur l’intranet, vous n’avez pas confiance dans le management. Vous pouvez m’en dire plus?

Boss : Oh. En effet.

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