Commencer la gestion de projet en décisionnel

Je profite d’avoir rédigé cette petite liste pour un consultant de mon équipe pour la publier ici. Rien de mystique, juste une liste de lecture pour se lancer dans la gestion de projet en décisionnel.

La base, c’est évidement de Joel Spolsky sur son blog Joel On Software :

Puis pour s’y mettre pour de vrai :

  • En mode pratique, c’est évidemment Kimball et Ross avec The Datawarehouse Lifecycle Toolkit (2nd edition – à ne pas confondre avec le DWH Toolkit). Non seulement ils sont forts en modélisation, mais ils font aussi la gestion du projet décisionnel. Malheureusement non traduit en français. Notez pour ceux qui l’ont qu’on peut trouver un avant-gout sur le sujet dans le Datawarehouse Toolkit (3rd edition).
  • En mode théorique, c’est Scott Berkun avec Making Things Happen, il définit bien l’idéologie du chef de projet orienté facilitateur. Mais c’est déjà plutôt du niveau 2. Le niveau 3 étant le Mythical Man-Month de Brooks.

En terme d’approche, le Kimball Group est plutôt orienté itératif, et les théoriciens sont plus classiques (V, waterfall). Si vous voulez creuser le côté Agile appliqué au décisionnel, je vous renvoie aux articles que j’avais écrit tantôt.

Et voilà, avec les bons outils, rien d’impossible !

Avec les bons outils...

N’hésitez pas si vous en avez d’autres (des bonnes ressources pour débuter, pas de gifs hein…) 😉

JSS2012 : Modélisation Dimensionnelle – Slides à télécharger

Si l’année dernière nous avions eu la chance d’avoir des webcasts enregistrés pour chaque session, malheureusement cette année nous n’avons pas eu le budget. Je n’ai donc que les slides à vous proposer, pour cette session Modélisation Dimensionnelle présentée avec mon compère Charles-Henri. Ah et une photo aussi 🙂

JSS2012 - Charly et Florian causent Modélisation Dimensionnelle

Rho ces speakers qui regardent l’écran…

 

J’en profite pour rappeler la littérature obligatoire dont on parle pendant la présentation :

Voilà pour le contenu de la présentation. Concernant le « public speaking », je vous avoue que c’est un exercice qui m’éclate de plus en plus. Si j’ai encore les chocottes les 5 premières minutes avant le début, ça ne dure guère et ça se transforme vite en plaisir.

Par contre, pour que ce soit vraiment le cas, cela demande quand même 2 choses :

  • D’abord parler d’un sujet qui me passionne. Je ne pourrais définitivement pas faire ça sur un sujet qui ne m’intéresse pas, ou avec des contraintes éditoriales qui m’empêcheraient de délivrer le message comme je le souhaite.
  • Ensuite de la préparation ! Il faut du temps pour murir les slides (au moins 3 versions successives complétement différentes), et surtout répéter, pour harmoniser son discours, travailler ses transitions et valider qu’il y a bien un fil rouge, qu’on raconte bien une histoire, plutôt qu’énumérer une suite de listes à puces.

Si ces deux conditions sont remplies, alors c’est vraiment fun !

Et vous avez l’habitude avec moi, là aussi j’ai un gourou dont je suis les enseignements, il s’agit de Scott Berkun (celui dont je tiens également la vision différente du rôle de chef de projet) et son livre c’est « Confession of a Public Speaker », une référence sur le sujet.

Enfin, n’hésitez pas à me faire vos retours sur la session dans les commentaires. Ce que vous avez aimé, ce qui vous a déplu, à quel moment je vous ai perdu, est-ce que j’ai réussi à vous rattraper… Ça m’intéresse beaucoup ! Et en question complémentaire : on parle de quoi l’année prochaine ? 😉

4 liens rapides pour la semaine (2012-16)

Que des classiques cette semaine:

  1. David Heinemeier Hansson de 37 Signals avec un petit rappel de bon sens face aux dérapages de valorisation de certaines start-ups.
  2. Marco Arment d’Instapaper qui commente la récente promesse de Twitter de ne pas faire de bêtises avec ses brevets.
  3. Garrett Murray de Karbon avec une belle satire de l’annonce d’Asus de rattraper le GPS défectueux de leur tablette par un dongle.
  4. Scott Berkun, que je citais encore précédemment, qui nous offre un extrait gratuit de son fameux Making Things Happen. Ça parle gestion de projet et développement personnel.

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4 liens rapides pour la semaine (2011-09)

J’en aurais bien remis 8, mais je sais que certains n’ont pas encore eu le temps de digérer les 8 de la dernière fois 😉

  1. Via FlowingData, un bon guide pour faire du scraping de données, alias récupérer des données depuis le web et les nettoyer pour les mettre dans un format exploitable.
  2. Chris Dixon sur les business models à adopter en cas de ruée vers l’or.
  3. Scott Berkun qui nous a écrit la liste des choses à faire pour rendre fou son chef de projet.
  4. Et pour finir un article vraiment intéressant recommandé par Jason Fried, ça parle de l’économie actuelle et c’est quand même un petit peu déprimant…

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Citation de la semaine

La voilà:

Beyond doubt, the most salient characteristic of life in this latter portion of the century is SPEED – what we may call hurry, the rate at which we move, the high-pressure at which we work;- and the question to be considered is, first, whether this rapid rate is in itself a good; and, next, whether it is worth the price we pay for it.

En français:

Sans l’ombre d’un doute, la caractéristique principale de la vie en cette fin de siècle est la vitesse, la précipitation, la hâte avec laquelle on se déplace, on agit, la haute pression sous laquelle on travail; et la question à se poser est donc de savoir si ce rythme de vie est bon, et s’il vaut le prix qu’on paye pour lui.

Rien de neuf hein? Peut être que si en fait, puisque ça date de 1877… J’ai triché dans le premier paragraphe pour ôter la mention du 19ème siècle, cf. l’original via Scott Berkun.

Comment gérer les clients qui ignorent vos process?

Pour continuer sur la série « clients », le sujet de ralerie préféré des consultants, et après:

Voici un article plein de sagesse de Scott Berkun concernant les clients qui ignorent nos processus.

On parle là de clients qui ne prennent pas en compte les délais associés à leurs demandes et qui ne comprennent pas pourquoi on doit planifier un projet, ni pourquoi ce n’est pas fait demain, ni pourquoi changer pour la 10ième fois les priorités repousse la date de livraison d’autant. Mais pourquoi ne comprennent-ils pas nos contraintes? Pourquoi n’utilisent-ils pas les outils qu’on met en place pour eux? Les listes SharePoint? Les comités de projet? Les comptes rendus?

Pour Mr. Berkun il y a 3 réponses à ces questions:

  1. La méthodologie, les processus de travail, sont mauvais.
  2. Le consultant n’est pas assez ferme et/ou pas assez pédagogue.
  3. Il est temps de trouver de nouveaux clients.

Personnellement j’ai mis pas mal de temps à raffiner mes points 1 et 2. J’en ai eu des clients anguilles qui à cause (ou grâce) à une méthodologie mal foutue de mon côté m’ont fait faire des allez/retours exagérés dans les projets, à la charge de ma boîte. Ça arrive à tout le monde, on apprend et on peaufine sa méthode. C’est un jeu naturel de la part du client d’essayer de rogner un peu les délais, d’essayer de tricher un peu, c’est de bonne guerre. Il faut donc s’y attendre, faire des comptes rendus, prendre des notes, être ferme.

J’ai connu un client d’une gentillesse absolue qui avait un défaut terrible: il changeait sans cesse d’avis. Il était tellement gentil que je ne pouvais pas lui refuser de modifier, encore une fois, la formule de calcul de ses performances. Le problème c’est qu’à force de faire changer les formules, le budget du projet a explosé. Et puisque ces demandes étaient faîtes à la cafétéria pendant les pauses, je n’avais aucune trace de ses allez-retours.

Il n’était pas de mauvaise foi quand il remettait en cause l’impact des modifications qu’il demandait: il ne réalisait juste pas la charge que cela représentait pour l’équipe. C’est lors d’une réunion d’avancement un peu houleuse que nous avons trouvé la solution: je lui ai fait signer un grand paperboard avec un récapitulatif des formules qu’il souhaitait voir implémentées, et je l’ai fait afficher dans le bureau de l’équipe. Chaque fois qu’il remettait en cause une des formules, on retournait devant le paperboard vérifier qui avait raison. C’est à ce moment qu’il a réalisé qu’il essayait tous les 2 jours de nous faire tout changer. Quelques semaines après le projet était terminé.

Ce client là était de bonne foi. Ce type de technique ne marche qu’avec des clients de bonne foi. Cela ne marche pas avec ceux qui arrivent encore à vous prendre par surprise alors que votre méthode est rodée que vous savez être ferme. Ceux là, ceux qui y arrivent encore, en général ce sont ceux qui le font à escient. Et être dans une relation, commerciale ou autre, avec quelqu’un qui essaye délibérément de prendre l’avantage en étant de mauvaise foi, c’est pour moi le signal qu’il faut appliquer le point 3. Heureusement qu’ils sont rares!