Dilbert du 01/09/2012

J’adore 🙂

Dilbert du 01/09/2012

Traduction approximative:

Boss: Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous faites du si mauvais travail dans votre nouveau rôle?

Dilbert : Bien sûr, un idiot a vraiment raté l’adéquation entre mes compétences et la mission.

Boss : Je vais reposer la question, mais cette fois-ci essayez de dire quelque chose sur votre propre compte.

Dilbert : Je suis trop honnête?

La vérité essentielle du business : quelques exemples

Plus tôt cette semaine je vous parlais de ce que je considère comme la vérité essentielle du business: identifier pourquoi l’entreprise fait ce qu’elle fait.

C’est loin d’être mon idée, en effet j’ai été inspiré par Simon Sinek (Site | Blog) dont c’est le crédo, et plus près de moi par Emmanuel Toniutti (Site | Blog). Répondre à cette question est notamment une des premières étapes de la démarche d’Emmanuel lorsqu’il intervient en conseil stratégique.

Toujours est t’il que même si ce n’est pas mon idée, j’y adhère complétement, et je m’en fais encore une fois le relai!

Par souci de clarté je me suis limité à 2 exemples la fois précédente (la FNAC et les bibliothèques municipales). Aujourd’hui je reviens sur le sujet pour l’illustrer par d’autres.

Notez que ce pourquoi est très difficile à identifier pour la plupart des sociétés. On pourrait penser que ce serait la première chose affichée sur leur site web, mais non. On a le What, qu’est ce que fait la société, on a le How, comment elle le fait, mais quasiment jamais le Why. Dommage.

Amazon.com

  • Why : « Amazon… a place where builders can build »
  • How : « We hire the world’s brightest minds and offer them an environment in which they can invent and innovate to improve the experience for our customers »
  • What : « We’ve revolutionized the online shopping experience, cloud computing and the book »

Toutes le citations viennent de la page de recrutement.

En fait Amazon n’est pas dans le retail, c’est juste une conséquence de leur mission principale : créer un lieu où les constructeurs peuvent oeuvrer. Cela explique qu’ils fassent aussi du Cloud, qui n’a rien à voir avec le Retail.

Apple

  • Why : Remettre en cause le status-quo : « Think Different »
  • How : Focus sur le design, refuser les compromis
  • What : « Here’s to the crazy ones (…) they have no respect for the status quo (…) We make tools for these kinds of people ».

Ce sera d’ailleurs certainement le prochain challenge d’Apple: lutter contre le status quo alors qu’ils sont en quasi monopole. Pas évident.

Day9.tv

  • Why : « We believe society has forgotten how to play »
  • How : Contruire une communauté : « Whether you’re a veteran, a newbie, male, female, a parent, a student, or a total nongamer, you too can join in the fun »
  • What : Pub sur Twitch.tv, T-shirts sur Jinx.com

C’est mon « coach de fun » personnel 🙂 Sean Plott (Day9 est son pseudo) a écrit un manifeste qui explique la vision qu’il a pour sa société. Au premier degré, il fait des vidéos sur YouTube qui expliquent un jeu vidéo. En arrière plan, c’est une leçon de vie sur la stratégie et l’esprit de compétition.

Floor64 (Techdirt)

  • Why : Promouvoir une idée : « We believe, as did economist Paul Romer, that « infinite goods » are the very building blocks of innovation »
  • How : Techdirt est surement l’un des meilleurs blogs qui traitent des sujets économie et business
  • What : De la pub sur le blog, du consulting à travers les « Insight Communities »

C’est d’ailleurs en lisant Mike Masnick, le CEO de Techdirt, que j’ai compris l’économie numérique.

Ford

  • Why : Henri Ford en 1909 : « I’m going to democratize the automobile. When I’m through, everybody will be able to afford one, and about everybody will have one »
  • How : Réduction du prix unitaire. Création d’une classe moyenne capable de consommer (indirectement).
  • What : Des voitures!

Pari réussi! Même question que pour Microsoft : quoi faire maintenant?

Google

  • Why : « Organize the world’s information and make it universally accessible and useful »
  • How : Proposer des produits « gratuits« , fabriqués par les meilleurs développeurs au monde
  • What : De la pub

On pourrait parler des heures de Google. Mais en version courte je crois que leur pourquoi leur convient très bien.

iFixit

  • Why : « Fixing the world, one piece of hardware at a time”
  • How : Mettre à disposition gratuitement des manuels de réparation collaboratifs très très bien faits.
  • What : Des outils, des pièces détachées

iFixit a également écrit un manifeste sur leur courant de pensée. J’adhère complétement, j’essaye d’ailleurs de le respecter sur chacune de mes livraisons.

Microsoft

  • Why : « A computer on every desktop and in every home »
  • How : Faire du matériel une commodité afin de faire baisser son prix, cf Joel Spolsky.
  • What : Des systèmes d’exploitation, des logiciels

Comme le dit Jeff Atwood: on sent bien que depuis que Microsoft a réussi à accomplir son pourquoi – tout du moins aux USA et en Europe – ils sont un peu perdus sur quoi accomplir ensuite.

O’Reilly

  • Why : « O’Reilly Media spreads the knowledge of innovators »
  • How : « (…) by amplifying « faint signals » from the alpha geeks who are creating the future »
  • What : Des livres, des conférences…

Le plus gros dilemme des éditions O’Reilly? Justifier pourquoi faire payer leurs livres électroniques plutôt que de les distribuer gratuitement. Cela n’aiderait-t’il pas plus à la diffusion du savoir?

Zappos

  • Why : « Provide the best customer service possible »
  • How : Toute l’organisation de la société est structurée autour du SAV.
  • What : Des chaussures!

C’est-à-dire que Zappos, ils ne vendent pas des chaussures, ils vendent le meilleur SAV au monde. C’est magnifique 🙂

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Si vous connaissez d’autres pourquoi, y compris et surtout le votre ou celui de votre société, n’hésitez pas à l’indiquer dans les commentaires 🙂

Nouvelle mission!

Me voilà parti sur une nouvelle mission! Chouette 🙂

J’aime enchainer les missions courtes, un mois ou 2 c’est bien. Pour moi c’est le meilleur deal: j’ai le temps d’apporter de la valeur au client, mais je n’ai pas le temps d’entrer dans ses conflits politiques internes ni celui de m’ennuyer.

Cette multitude d’expérience est à mon sens l’avantage du consultant. On va chercher un consultant parce qu’il a déjà vu son problème 10 fois, dans 10 contextes différents, résolu de 10 manières différentes. Et la meilleure manière d’obtenir ce recul pour un consultant c’est de changer de mission et de client régulièrement.

Évidemment quand on intervient en mission courte, on a pas le temps de faire dans la dentelle. D’une part les relations avec le client ne sont pas les mêmes, Brent Ozar a une bonne série d’articles sur ce sujet, d’autre part attendre pour une ressource technique devient réellement problématique.

Si sur mes 20 jours de présence j’attends 2 jours pour avoir un poste et 3 jours pour des accès aux serveurs, ça fait 25% du planning foutu en l’air. Les premières fois je l’ai mal vécu: je prenais sur moi d’avoir à délivrer 100% du boulot sur 75% du temps restant. Maintenant c’est terminé. Ce type d’attitude par rapport à ma prestation me fait changer mon approche de la mission. Si d’ordinaire j’arrive avec une quasi obligation de résultat (je m’engage à y arriver), avec ça je bascule à une obligation de moyen (je ferais de mon mieux). Si ça rentre tant mieux, sinon on avisera (travail incomplet ou rallonge). Et mon stress va beaucoup mieux, merci 🙂

Quand on y pense, à ce niveau de prestation (et à ce tarif), c’est quand même dommage de perdre l’engagement de son prestataire dès les 3 premiers jours de mission, surtout pour des ressources qui auraient pu être commandées 3 semaines en avance. Si on va plus loin, en fait ce n’est que rarement une erreur d’inattention, c’est en général plutôt un vrai symptôme de dysfonctionnement du service, voir de l’entreprise. Et c’est souvent le premier indice que cela risque de mal se passer, à surveiller donc!

 

Merlin Mann et la parabole du sandwich

Merlin Mann nous propose une parabole vraiment intéressante sur son site 43 Folders, celle du « vendeur de sandwich« .

Dans cette histoire Mr. Mann imagine comment un client business achèterait un sandwich s’il procédait selon le même process que celui de recrutement d’un prestataire de service.

Un passage que j’adore, le premier paragraphe en fait, dans lequel le client entre dans la boutique et c’est au vendeur de sandwich de se justifier de ça (ma mise en gras dans le texte) :

“Hi,” says The Sandwich Guy. “What looks good to you today?”

“Slow down,” says The Ostensible Customer, as THE LUNCH RUSH starts trickling in. “Lots of delis want my business, so, first I need to really understand what you can do for me.”

Ou encore le passage sur le tabou du budget:

“Well. You know. I do sell sandwiches for a living,” says The Sandwich Guy. “Did you have a certain budget in mind for your lunch?”

“Oh, God, no. I’m nowhere near that point yet. I still need to learn a lot more about how you work, and so, obviously, I have no idea what I want to pay. Obviously.”

C’est un très bon article, je vous encourage à aller le lire. Si vous êtes côté prestataire, ça fait du bien de voir que c’est pareil partout, si vous êtes côté client, je suis sur que puisque vous lisez ce blog vous ne faîtes pas ce genre de chose 😉

Si vous avez envie de creuser le sujet, à la fin de l’article Mr Mann indique 5 très bons articles dont celui de Happy Cog et celui de Richard Ziade. Bonne lecture!