Dilbert du 01/09/2012

J’adore 🙂

Dilbert du 01/09/2012

Traduction approximative:

Boss: Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous faites du si mauvais travail dans votre nouveau rôle?

Dilbert : Bien sûr, un idiot a vraiment raté l’adéquation entre mes compétences et la mission.

Boss : Je vais reposer la question, mais cette fois-ci essayez de dire quelque chose sur votre propre compte.

Dilbert : Je suis trop honnête?

4 liens pour la semaine (2012-50)

5 liens pour bien terminer la semaine!

  1. Nos amis Lean d’Evolving Excellence sont de retour, et ils sont en pleine forme ! D’abord Bill Waddell, qui remet les choses en place dans l’analyse du New York Times sur les problèmes de formation d’un artisan du bois. Le parallèle vers les SSII n’est vraiment pas difficile à faire.
  2. Ensuite c’est Kevin Meyer qui nous rassure sur le feedback négatif que l’on peut se faire lorsqu’on avance sur un nouveau chemin de progression. Important à garder en tête pour ne pas se décourager.
  3. Une courte leçon de stratégie business par Chris Dixon, plus précisément de positionnement de l’offre et de verticalisation. Il est clair que si la connaissance métier est là, une verticalisation (spécialisation dans une fonction ou un domaine métier) est toujours positive pour l’offre. Mais il ne faut pas oublier le début de cette phrase…
  4. Derek Sivers qui nous parle de notre influence sur le monde, et de l’équilibre à maintenir entre notre effet local (les gens physiquement présents autour de nous) et global (notre environnement au sens large, la communauté). En tant que bloggeur ça raisonne beaucoup en moi, et Romuald si tu me lis, sache que forcément ça me fait penser à toi 😉
  5. Et un bonus : le Fixer’s Manifesto – le manifeste du « McGuyver ». A imprimer et afficher dans son bureau ! Via BoingBoing.

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Retour sur les JSS2012 – en tant que visiteur :)

Avant de vous faire un retour en mode speaker, avec comme promis les slides pour la Modélisation Dimensionnelle, je voulais faire un petit retour sur les sessions auxquelles j’avais assisté lors de cette édition 2012 des Journées SQL Server.

Parce que je ne sais pas comment vous vous l’avez vécu, mais moi j’ai constaté une vraie montée en puissance de certains speakers, tant en terme de contenu que de niveau de présence et de présentation. Ok, et en toute franchise, le niveau était loin d’être uniforme, et c’est un des sujets sur lequel on travaillera pour l’année prochaine. Mais pour moi, la présence des speakers suivant valait largement le déplacement (dans l’ordre chronologique des sessions) :

    Eric Grenon aux JSS2012

  • Eric Grenon sur le Private Cloud. Il connaît très bien son sujet et j’ai bien accroché avec ses idées. J’ai malheureusement du m’éclipser avant la fin pour des soucis d’organisation, mais définitivement une bonne découverte.

Aurélien Koppel aux JSS 2012

  • Aurélien Koppel sur SSAS Tabular. J’aime beaucoup son style un peu dandy, c’est bien préparé, ça déroule tout seul, on voit l’expérience !

Patrice Harel aux JSS2012

  • Patrice Harel, la révélation de ces JSS2012, pourtant sur un sujet assez aride : le Processing sur SSAS 2012. Comme pour son livre, on sent la maitrise et la passion pour les outils, bravo !

François Jehl et David Joubert aux JSS2012

  • Le duo François Jehl et David Joubert, sur la session DAX pour les fans de MDX. Là on avait le package complet : le fond et la forme, avec l’humour en prime. J’ai passé un excellent moment et vous l’aurez compris, c’est ma session préférée de cette édition.

Stéphane Guilleminot aux JSS2012

  • Enfin, Stéphane Guilleminot, qu’on a applaudit à la fin de son opération de chirurgie XML sur package SSIS 2012. Honnêtement je ne m’y serais pas risqué, mais lui il l’a réussie, en live.

Un gros bravo également aux speakers hors concours :

N’oublions pas ceux que je n’ai pas pu voir (3 à 4 tracks en parallèle, plus l’organisation, dur de tout suivre), je sais donc que j’en ai raté d’autres très bons 🙂

Et vous alors, qui ont été vos chouchous cette année ? Vous partagez mon avis sur le niveau qui s’améliore?

PS : Un gros bravo à la photographe, Annaelle Le Roy, car ces gens ne sont vraiment pas aussi beaux dans la vraie vie 😉

Journées SQL Server 2012 : Mon programme

Je suis le bon exemple de Philippe et vous confie à mon tour le petit programme que je me suis préparé pour la semaine prochaine (ça passe trop vite – mais vous pouvez toujours vous inscrire!).

Voyons ce que ça donne pour Lundi:

  • 09h00 : Plénière
  • 10h00 : Tour d’horizon SQL Server 2012
  • 11h45 : Private Cloud SQL Server. Si je recommande la session concurrente, la BI en 2013, sur le même créneau, perso je pense avoir une vue assez précise du sujet pour me permettre une incartade en dehors de la track verte.
  • 14h00 : SSAS 2012 Tabulaire, 1 an après. Je suis sûr qu’Aurélien et Erwan vont nous faire partager leur sagesse acquise dans les tranchées 😉
  • 15h45 : Modélisation Dimensionnelle avec Charly. En même temps je n’ai pas trop le choix !
  • 17h15 : Le grand dilemme. J’ai envie d’aller voir les 4 : Big Data (avec Romain qui a bien vendu sa session), Infrastructure BI (toujours bon à prendre pour un archi BI), MDS vu par Logica (voir si eux arrivent à me le vendre), et Processing SSAS 2012 (avec Patrice et David Tang). Mon cœur balance !

Et voici pour Mardi:

  • 09h00 : Plénière
  • 10h00 : EIM (SSIS, DQS, MDS) par Ismaël et Thomas.
  • 11h45 : BI et ALM avec JP. Dans l’ALM peuvent se cacher des gros morceaux d’Agilité. A ne pas rater pour moi donc 😉
  • 14h00 : DAX pour les fans de MDX. François et David sur une session 500 ? Va falloir s’accrocher à l’heure de la digestion !
  • 15h45 : Je vais peut-être abandonner Alexandre et sa session sur la DataViz et la BI Mobile pour continuer sur l’ALM côté SQL Server. Mon cœur balance encore entre le plaisir et la raison 🙂
  • 17h15 : Pour la dernière, j’irais évidemment écouter Olivier et Caroline nous parler Ergonomie & Storytelling pour la DataViz.

Et vous alors ? Vous avez votre programme ? Ça donne quoi ? 🙂

BD : xkcd – Causalité et Corrélation

Une vieille planche d’xkcd sur laquelle je suis retombé aujourd’hui. Du vrai humour de geek scientifique 😉

xkcd : Causalité vs Corrélation

Traduction approximative:

Lui: J’ai toujours cru qu’une relation de corrélation sous-entendait une causalité.

Lui: Et puis j’ai pris un cours de statistique. Maintenant ce n’est plus le cas.

Elle: On dirait que le cours t’a bien servi.

Lui: Et bien… Peut-être.

Modélisation dimensionnelle à éviter : La table de faits universelle

Comme vous le savez peut-être, cette année encore je co-animerai la session Modélisation Dimensionnelle aux Journées SQL Server 2012, les 10 et 11 décembre sur Paris, avec mon camarade Charles-Henri. Cette année on passe level 300 (ça commence à causer plus sérieusement) et franchement je pense qu’on va passer un bon moment 🙂

En attendant le jour J, je voulais vous parler d’une technique qui ne sera pas présentée lors de la session : celle de la table de faits universelle. Rencontrée chez un client dernièrement, c’est une modélisation qu’on peut aussi appeler la table de faits unique. Une table de faits pour les gouverner toutes. Une table de faits pour les trouver. Une table de faits pour les amener toutes et dans les ténèbres les lierHumJe divague

Je te vois faire n'importe quoi!

Je te vois faire n’importe quoi!

Si ça avait été fait par un stagiaire, ou un client qui s’essayait au décisionnel en dilettante, je trouverais ça mignon. Sincèrement. J’applaudirais pour l’effort et on prendrait une demi-journée ensemble pour causer modélisation. Mais là c’est réalisé par une équipe de consultants spécialisés dans le décisionnel.  Et c’est facturé. Moins mignon.

Alors voyons à quoi ça ressemble:

La table de faits universelle

Dans cette même table de faits, qui s’appelle juste « Fait » (c’est plus simple) on retrouve :

  • Les ventes quotidiennes
  • L’inventaire hebdomadaire
  • Les budgets trimestriels des magasins
  • Les objectifs trimestriels des commerciaux

C’est quand même bien fait ! On a tout sous les yeux d’un seul coup. Pas besoin de jointures, les requêtes SQL sont simplissimes. Alors que reprocher à cette modélisation ?

Déjà, je vous avoue qu’en 6 ans de missions en décisionnel, je n’ai jamais vu ça. J’en ai même parlé lors d’un afterworks du GUSS, auquel étaient présents des consultants d’à peu près tous les pure-players en décisionnel Microsoft, et personne n’en avait entendu parler non plus.

Mais vous me connaissez, je n’allais pas me limiter à ça. Regardons donc ce qu’en dit la littérature :

  • Wikipedia – Fact Table : “In data warehousing, a fact table consists of the measurements, metrics or facts of a business process.”  Une table de faits pour un processus métier donc, les ventes ou l’inventaire ou les budgets… mais un seul. J’avoue, en effet, ils auraient pu insister et mettre: “ a SINGLE business process”. Mais à mon avis personne ne se doutait qu’on verrait arriver la table de faits unique.
  • Wikipedia – Base de données relationnelle : « Dans une base de données relationnelle chaque enregistrement d’une table contient un groupe d’informations relatives à un sujet (…) ». Même commentaire, et là on parle de toute la technologie de la base de données relationnelle, plus seulement du décisionnel.
  • Ralph Kimball, l’inventeur du schéma en étoile, indique lui que chaque table de faits représente un processus métier, que chacune de ces tables est reliée à des dimensions, les mêmes dimensions pour tout le monde (alors dites conformées), et que toute la valeur de la modélisation en étoile vient justement de là. Parce qu’entre nous, quitte à faire une table de fait unique, autant pas s’embêter à faire des tables de dimensions hein… Et là le lien je le fais par vers un article spécifique, mais vers le bouquin de Kimball, parce qu’à un moment il va falloir le lire ce livre si vous vous dites consultant ou développeur décisionnel.
  • Bill Inmon, l’inventeur du schéma en flocon, indique la même chose. En effet les différences entre les deux modèles se situent au niveau de la structure des dimensions et du processus de génération du modèle, pas des tables de faits.
  • Et quid de Datavault ? La troisième modélisation très contestée du décisionnel ? Là c’est pire puisqu’on normalise complètement et qu’on conserve le format source original (une table pour les clients, une table pour les magasins, une table de relation entre les 2, etc, etc). Pas de table unique en vue.

Pas de chance, la littérature ne fait donc aucune mention de cette technique, et c’est même plutôt l’inverse qui est recommandé : créer une table de faits par processus métier. Soit dans notre cas, 4 tables : ventes, inventaires, budgets et objectifs.

Je précise au passage que dans ces sources, il ne faut pas interpréter la phrase « la table de faits est au centre du schéma en étoile » comme une indication qu’il n’y en ait qu’une seule. En effet un datawarehouse ce n’est pas un mais plusieurs schémas en étoile, plusieurs datamarts, autant qu’il y a de processus métier. Et en théorie l’ensemble de ces étoiles s’appelle une constellation, mais ça devient trop poétique donc on emploie rarement le terme.

D’une manière plus pratique, si on abandonne la littérature et qu’on s’interroge sur les mérites d’une telle modélisation, on peut se faire les réflexions suivantes :

  • Performances
    • A priori elles ne seront navrantes. En effet pour aller chercher un élément particulier de la table (les budgets), le moteur doit parcourir toutes les lignes de la table (les ventes, les inventaires…). C’est largement inefficace.
    • L’index le plus rapide de tous est l’index cluster (celui qui dicte comment les données sont écrites sur le disque). Comme vous le savez, on ne peut en définir qu’un seul par table (par définition). Tout mettre dans la même table c’est donc se priver d’un des meilleurs outils d’optimisation de la base de données. A la place d’en avoir un par processus métier, il n’y en aura qu’un seul, qui en plus ne sera pas très bon. Car évidemment, l’index s’optimise différemment en fonction du sujet. On indexe les ventes (par jour/magasin/produit) différemment qu’on indexe les objectifs (par trimestre/commerciaux). Et croisez les doigts pour que l’unicité des lignes des 4 processus métiers tiennent en moins de 16 colonnes.
    • Même remarque pour le partitionnement.
  • Confort d’utilisation / Qualité du requêtage
    • Si on s’économise les jointures en SQL, j’ai peur de ce à quoi vont ressembler les clauses WHERE. Et on n’a pas intérêt à se tromper sur ces filtres, sans quoi on va additionner des choux et des carottes (des quantités de ventes et des quantités d’inventaires). Le risque métier est important avec cette approche, il est inexistant avec la modélisation classique.
    • Et là où les jointures reviendront en force, c’est si on veut obtenir un état avec par exemple du budget et du facturé. Il faudra en effet faire une auto jointure (en FULL OUTER JOIN) de la table unique sur elle-même. Ce sera douloureux en écriture de requête et en performance.
    • Enfin, on l’a bien compris, impossible d’exposer ce modèle directement à un utilisateur. Il faudra définir un modèle de métadonnées devant chaque outil de reporting (Excel, Tableau, SSAS, SSRS…). Attention au coût de développement masqué.
  • Maintenabilité / Evolutivité
    • J’ai peur que l’ajout d’un nouveau processus métier (comme il est prévu dans le lot 2 j’imagine ?) ne se traduise par l’ajout de nouvelles colonnes dans cette table. Dans ce cas il faudra changer toutes les requêtes déjà développées (clauses WHERE, agrégations), toutes les métadonnées, et toutes les optimisations déjà réalisées. En somme il faudra tout refaire. A chaque évolution.
    • Enfin, si on s’enferme dans cette architecture, impossible de trouver un prestataire digne de ce nom qui assurera la TMA ou les évolutions sans d’abord tout refondre.

Bon et bien on le voit, si c’est une nouvelle théorie, c’est l’équivalent de remplacer les groupes sanguins par les signes du zodiaque pour déterminer la compatibilité dans les transfusions sanguines. De temps en temps ça va marcher, certes, mais sur le long terme…

Et sinon, comment modéliser ça de manière satisfaisante ?

En identifiant les dimensions utilisées pour chaque processus métier, leur grain, et en construisant les tables de fait en fonction (c’est dans le livre, ou dans le webcast) :

Oh la jolie étoile!

PS : Les périodes temporelles diverses (semaines, trimestres) sont gérées directement dans la dimension temps.

Là on dispose d’une constellation composée de 4 étoiles, qui utilise des dimensions conformées (partagées), qui répond aux problématiques de performance, de confort d’utilisation et de maintenabilité. Si on souhaite intégrer un nouveau processus métier, on ajoute une nouvelle table de faits, sans avoir à modifier l’existant. Chaque processus peut évoluer indépendamment des autres. Chaque amélioration d’une dimension profite à toutes les analyses.

De tout ça on en reparle lundi 10 décembre, aux Journées SQL Server 2012. Inscrivez-vous 😉