4 liens pour la semaine (2013-17)

Et c’est reparti pour un tour:

  1. David Cain sur la procrastination, ou comment le fait de trainer les pieds n’est pas de la fainéantise, mais bien un mécanisme de self-défense psychologique. Via Hacker News.
  2. Marco Arment sur Google Reader, et plus globalement le problème des solutions gratuites en position de monopole sur les écosystèmes logiciels.
  3. Eric Jackson sur pourquoi les entreprises doivent se prémunir des bozos (les clowns, les gens qui se croient bien meilleurs qu’ils ne le sont et qui écrasent les autres). Cela confirme bien que l’humilité reste une valeur essentielle chez un employé (être humain), et cela renvoie plus globalement au gap entre ceux qui sont sûrs d’eux (et qui n’ont pas forcément raison) et ceux qui doutent (la base de toutes nos démarches scientifiques) mais qui ont du mal à s’imposer dans la conversation.
  4. Enfin, Seth Godin qui nous rappelle que toute initiative humaine est imparfaite. Attention à ne pas oublier la destination à trop vouloir corriger les petits défauts sur la route.

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Afterwork Communauté SQL Server – Agilité décisionnelle

Le GUSS, Groupe des Utilisateurs SQL Server, organise un afterwork le 17 avril à 19h00 dans le 15ème à Paris.

Ce sera l’occasion de discuter de manière informelle sur les méthodes de gestions de projet et la philosophie agile, et l’outillage (ou absence d’outillage) qui va avec dans le monde SQL Server et Microsoft (tant côté ALM qu’outils de dév).

Ou juste boire une bière 😉

17 avril – 19h00
Charly-Birdy
1 place Etienne Pernet, Paris 15ème
Métro Commerce

Savoir rester lean dans son projet décisionnel

Vous vous demandiez peut-être à quoi je passais mon début d’année (plutôt que de vous écrire des articles de 3 pages de long) ? Et bien en dehors de ma récente promotion (une fois nos expérimentations d’organisation stabilisées je vous en parlerai, soyez patients), je le consacre à la finalisation d’un projet de plusieurs mois, réalisé par un padawan de talent et supervisé par mes soins.

Padawans en tenue

Sont pas beaux mes padawans? Tenue obligatoire en clientèle!

Entre 2 anomalies à corriger, nous rédigeons la documentation et préparons le voyage de l’application de l’environnement de développement, et de notre responsabilité, à celui de production, et à la responsabilité de l’exploitation. Au passage c’est toujours pendant ce genre de transition que l’idée du devops revient me faire des yeux doux. Ou encore le concept de livraison continue. Malheureusement ici je n’ai pas réussi à convaincre le métier et l’IT de bosser en mode Agile. Mais ce n’est pas le sujet du jour, revenons à nos moutons !

La documentation technique terminée, elle est relue par le directeur d’étude (respect, ce n’est pas souvent que ça arrive). Et ce dernier s’étonne : quasiment pas de règles de gestion, un schéma en étoile simpliste, un cube à la DSV vide, des dimensions sans surprises techniques. Ok on trouve bien quelques calculs MDX, et ok la partie ETL fait pas loin d’une centaine de packages, mais ce n’est que parce qu’on a fait un bon travail et bien tout découpé en flux de données unitaires. En dehors de ça la solution semble étonnement vide pour 3 mois de développement.

Un tout petit plat gastronomique dans une grande assiette

Minimaliste mais plein de goût, comme au resto gastronomique!

Et bien pour tout vous dire, j’en suis assez fier. Parce que pour arriver à cette apparente simplicité, ce « vide » dans la solution, cela nous a demandé des efforts considérables. Un projet informatique est soumis à une certaine forme d’entropie. Plus on avance, plus des éléments viennent se rajouter, des fonctionnalités, des données, des exceptions, des contournements, et si on n’y fait pas attention, sans rien toucher au périmètre initial de l’application, la solution est tout de même devenue un plat de spaghettis indémêlables avant même la livraison du lot 1.

Lutter contre cette tendance demande un effort constant. Dès qu’on se relâche, on se retrouve avec des règles de gestion implémentées dans des vues (ou pire, dans la DSV du cube), parce que c’est rapide, plutôt que de faire les choses proprement et d’ouvrir une énième fois l’ETL, modifier les métadonnées, les flux, et tout re-tester après.

Mais il ne faut pas se leurrer : tout ça c’est de la dette technique, et rien de pire pour une solution informatique de commencer sa vie encore plus endettée qu’un étudiant américain ! Alors ne relâchez pas la lutte, pensez marathon plutôt que sprint (rien à voir avec SCRUM ;)), pensez Lean, et faîtes un cadeau au vous de dans 6 mois qui devra bosser sur le lot 2 ou corriger une anomalie: laissez-lui une solution toute propre, il vous remerciera!

Le management n’existe que pour compenser ses propres erreurs de recrutement

Belle citation de Scott Adams (l’auteur de Dilbert), via Daring Fireball:

So here’s my summary: Management only exists to compensate for its own poor hiring decisions

En français dans le texte:

Donc en 2 mots : le Management n’existe que pour compenser ses propres erreurs de recrutement.

C’est un absolu qui résonne beaucoup en moi en cette période de recrutement. Parce que comme tous les managers décents, moi aussi je veux une troupe de gens autonomes, avec un vrai sens moral, des êtres humains responsables qui savent prendre des décisions pour leur bien personnel, le bien de leur équipe et le bien du business.

De mon côté je leur apporte une vision et des moyens à la hauteur. A eux de prendre en main leur carrière et de se réaliser. Évidemment dans ces moyens il y a de la guidance, mais l’énergie de création doit venir de chacun d’entre eux.

Et si je suis persuadé que tout être humain est capable d’arriver à ce niveau d’engagement à un moment donné dans sa vie, il ne l’est pas forcément à l’instant T. Le coût pour l’y accompagner dans un contexte professionnel, c’est bien un coût de management. Un coût qui s’économise si le recrutement filtre sur cette aptitude. On reboucle bien sur Scott Adams: le management existe pour compenser ses propres erreurs de recrutement. Mais pas seulement! 😉

Dilbert du 01/04/2013

Petits pièges de la colonne de texte libre en attribut de dimension dans SSAS

La petite anomalie retorde de la semaine nous vient de la colonne de texte libre montée en attribut de dimension dans SSAS.

Exemple de texte libre par David Stewart

Pour un peu de contexte sur le sujet, voir cet article de David Stewart, ou ce topic sur StackOverflow.

L’erreur usuelle dans cette situation c’est d’avoir la valeur NULL corrigée automatiquement par SSAS en chaîne vide (‘’), en conflit avec une éventuelle chaîne vide déjà existante. SSAS crie alors au loup à travers un message relativement clair (« Duplicate attribute key ») qu’on apprend vite à reconnaître.

Aujourd’hui j’ai eu droit à un bonus (« Attribute key not found »), dans le même contexte. Le conflit venait de la chaîne composée d’un espace ‘ ‘ avec la chaîne vide ‘’. En effet malgré la propriété de Key Column Trimming de l’attribut passé à « None » (indiquant en théorie à SSAS de préserver les espaces), l’attribut ‘ ’ disparaissait lors du process de la dimension.

A mon sens un trimming implicite a lieu durant l’une des opérations du process, mais pas toutes. Arrive un moment où SSAS ne retrouve plus ses petits, et c’est le drame. Si un ninja de SSAS veut nous en dire plus, c’est avec plaisir 🙂

La correction est  simple : effectuer le Trimming explicitement (Right ou LeftRight), ainsi tous les accès à la valeur se feront de la même manière et SSAS arrivera à linker tout le monde. S’il vous faut préserver la valeur espace, je vous laisse jouer avec les différentes valeurs des propriétés de colonne clef, ainsi qu’avec les différentes collations de vos serveurs, mais j’ai bien peur que ce soit un bug (j’ai la flemme de chercher sur le connect…). Si par contre c’est juste la différenciation entre les 2 valeurs que vous voulez préserver, n’hésitez pas à corriger la valeur ‘ ’ en par exemple ‘(space)’ dès l’ETL.

D’une manière générale, je vous recommande les settings suivants pour vos colonnes d’attributs en texte libre (sauf la collation, évidemment, il faut s’adapter à la source ;)) :

SSAS - Free Text Dimension Attribute Properties

N’hésitez pas à m’indiquer vos astuces, et amusez-vous bien 😉

Stephen Few sur Tableau 8 (spoiler : il est pas ravi)

Stephen Few, le pape de la datavisualization, nous fait un retour assez sombre sur la nouvelle édition de Tableau (qui devrait sortir sous peu). Vous le savez c’est un sujet qui me tient à cœur puisque je dispose d’une offre Tableau dans mon portefeuille.

Si je n’ai pas eu la chance de tester Tableau 8 moi-même, pour constater de visu les remarques faites par Stephen, je retrouve bien mon feeling général par rapport à l’éditeur dans sa prose. Je vous laisse aller la parcourir!

The new face of Tableau

Alors la situation est-elle critique? Le monde de Tableau s’écroule t-il?

Ou formulé de manière plus pragmatique : Peut-on encore sereinement acheter du Tableau aujourd’hui ?

Oui, évidemment! (répond le revendeur de licences).

Tableau Desktop 7, et bientôt Tableau 8, est pour moi l’un des meilleurs logiciels d’exploration visuelle des données. Il dispose d’une avance considérable qu’il faudra du temps aux autres pour rattraper. Aujourd’hui c’est le plus rapide à prendre en main, le plus flatteur pour l’utilisateur, le plus simple à déployer et maintenir, et à part les copains Spotfire (au licencing incompréhensible) et JMP (nettement moins sexy) il n’y a pas grand monde pour le concurrencer.

Par contre si Tableau, l’éditeur, en faisant des efforts pour plaire à Gartner et au marché (à la veille de son entrée en bourse), va à l’encontre des bonnes pratiques de la dataviz (qui étaient son facteur différenciant jusqu’à présent), il est vitale que les vrais experts indépendants comme Stephen Few tirent la sonnette d’alarme. C’est chose faite!

Espérons que le message passe.

Dilbert du 30/07/2012