C’est parti!

Plus tôt je vous décrivais rapidement mon métier. C’est une description très artificielle, de celle que l’on fait quand on se présente en entretien chez un client pour gagner une mission.

Je vais quand même prendre le temps d’aller plus loin, de préciser ce qu’est le job de consultant, puisque c’est autour de ces activités que va se structurer ce blog, son contenu.

Pour moi dans ce job il existe 5 grandes facettes :

A – le développeur : celui qui exécute

C’est la partie du job dans laquelle on réalise, on fabrique, on produit…  Pour moi un bon consultant sait réaliser, même si ce n’est pas sa tasse de thé, même s’il ne le fait plus ou que très rarement. S’il ne sait pas faire, s’il n’a jamais fait, à mon sens il ne pourra pas assumer les rôles que je décris après. C’est donc manifestement pour moi la partie la plus importante, sans laquelle rien ne se passe.

  • Un projet sans développeur ne se réalise pas !

B – le designer : celui qui imagine

Avant de pouvoir faire, il faut concevoir ce qu’on va faire. Il faut entendre le besoin client (dans ma salle de bain il me faut une serviette qui absorbe mieux !), comprendre les intentions réelles sous-jacentes (quand je me lave les cheveux, ma serviette ne les sèche pas vraiment bien !), et imaginer une solution qui résoudra le problème et non les symptômes (un sèche-cheveux par exemple, à comparer au besoin initial…).

  • Un projet sans designer se réalise mal – qualité foireuse, périmètre non couvert.

C – le chef de projet : celui qui facilite

Attention à la vision franco-française du chef de projet qui le positionne comme un petit chef ! Un chef de projet, c’est le chef d’un projet. Un projet, ce sont des powerpoints, des docs, des deadlines, un bout de code, et 3 serveurs. Les êtres humains qui travaillent sur le projet ne sont pas le projet. Donc un chef de projet n’est pas un chef de gens, pas un manager. Le vrai job d’un chef de projet est de rendre possible et faciliter au maximum les contributions des gens qui participent au projet. Il élimine la résistance à la contribution, mais il ne dirige rien ! Je n’invente rien ici hein, confère Scott Berkun ou Joël Splosky.

  • Un projet sans chef de projet est en retard, hors budget, ou ne se réalise pas.

D – le testeur : celui qui garantit

On ne peut pas faire de la qualité sans prévoir une phase de tests soutenus des livrables. C’est un métier à part entière, que je trouve vraiment trop sous-représenté dans le monde du décisionnel. Je n’ai pas encore vu de SSII ou boîte de conseil qui disposait d’une petite équipe de testeurs, transverse, bien équipée, pour aller sur chaque forfait valider ce qui était livré. Pourtant le coût peut tout à fait être intégré à la prestation et la valeur ajoutée est immédiate!

  • Un projet sans testeur c’est un projet où les consultants sont en fuite dès le PV de recette signé, attention quand vous irez voir sous les tapis…

E – le service après vente : celui qui accompagne

Cette partie tout le monde l’oublie tellement souvent que moi-même j’ai faillit pour cet article! Fabriquer c’est beau, mais livrer proprement, accompagner les utilisateurs, remonter les anomalies, faire accepter le produit, c’est 90% de ce que le client va percevoir. C’est bien plus que 3 slides poliment vendus comme de la conduite du changement. C’est s’engager sur le long terme, et en faire la preuve. Rien ne sert de se battre pour signer de nouveaux clients quand les anciens sont tellement contents qu’ils continuent à vouloir signer avec vous!

  • Pas de service après vente, pas de relations à long terme avec le client

Ce découpage des rôles n’est pas nouveau, encore une fois je n’invente rien: il n’y a qu’à voir toutes les grilles d’évaluation des consultants lors des entretiens annuels.  Et évidemment ce découpage ne s’applique pas qu’au décisionnel.

Les 4 premières facettes sont 4 professions classiques de l’IT. Si le consultant décisionnel est au milieu de tout ça, c’est parce qu’en général il travaille en parallèle sur des petits projets (1 à 6 mois) dans des petites équipes (2/3 personnes). Dans ce genre de conditions, tout le monde doit être ouvert et capable d’assumer un peu tous les rôles. La cinquième facette, c’est moins une profession qu’une attitude un peu trop rare à mon sens.

(MàJ : 30/08/2010 – sp)

4 commentaires sur « C’est parti! »

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