4 liens pour la semaine (2012-41)

Je triche et j’en mets 5 au lieu de 4 😉

  1. Une grosse discussion chez Kalzumeus sur le pricing des produits et du service. Plein de bons arguments pour augmenter ses prix.
  2. Dans la même veine, on continue sur le service avec un article de Sebastian Marshall qui rappelle qu’un consultant servile ne sert pas vraiment son client.
  3. Encore Sebastien Marshall, avec une excellente remarque sur la documentation interne à l’entreprise: si elle est pénible à lire, c’est qu’elle est ratée!
  4. Seth Godin avec une métaphore pleine de piquants.
  5. Enfin, le point de vue Lean d’Evolving Excellence sur le management de l’innovation.

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4 liens rapides pour la semaine (2012-34)

C’est l’été, à lire avec un mojito au bar de la plage 😉

  1. Via Cory Doctorow, la terrible réalité de ces très grandes entreprises américaines qui en 2011 ont versé plus de rémunération à leur CEO qu’elles ont payé d’impôt.
  2. Hunter Walk qui nous rappelle qu’il faut toujours se forcer à vivre les contraintes qu’on impose à nos clients.
  3. Ben Horowitz qui nous raconte comment à l’époque, quand il était CEO d’Opsware, il transmettait son « why » à son middle-management.
  4. Enfin, Dan Ariely qui nous parle de déplétion de l’égo. A lire à l’heure du retour des vacances!

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Dilbert du 06/07/2012

Je l’aime beaucoup celui là 🙂

Dilbert du 06/07/2012

Traduction approximative :

Boss : Ce dont nous avons besoin c’est une stratégie globale qui stimulerait notre innovation

Dilbert : Ou vous pourriez juste arrêter d’étouffer l’innovation dont nous disposons déjà.

Boss : C’est l’idée la plus stupide que j’ai jamais entendu.

Dilbert : Et voilà.

The Mythical Man-Month – Frederick P. Brooks, Jr.

J’ai profité de mes dernières vacances pour lire « The Mythical Man-Month » (Amazon) de Frederick P. Brooks, Jr. (un des ténors du génie logiciel).

C’est LE livre qui apparaît systématiquement dans les tops 10 des livres à lire pour les ingénieurs logiciels, chefs de projet, développeurs ou encore manageurs de développeurs.

Même si l’édition originale date de 1975, et l’édition anniversaire de 1995, la plupart du contenu reste entièrement d’actualité, puisqu’il s’agit principalement de bon sens. Enfin surement qu’à l’époque beaucoup des choses qu’il raconte étaient nouvelles. Aujourd’hui elles font partie – ou devraient faire partie – de la culture de base de l’informaticien au sens large

Je vous livre quelques idées du bouquin histoire de bien cerner l’ouvrage :

  • (p5,6) On peut étendre un programme en travaillant sur son industrialisation (généralisation, documentation, tests, maintenance…) ou sur son intégration (interfaçages à d’autres systèmes, intégration dans l’écosystème de l’IT), mais pas les 2 en même temps.
  • (p16-19) Ajouter des développeurs à un projet en retard le retardera encore plus, aussi connu sous « 9 femmes enceintes ne font pas un bébé en un mois ».
  • (p32-36) Il propose une méthode d’organisation pour les très gros projets : mettre en place N équipes de 10 personnes chacune centrées autour d’un lead programmer (le chirurgien, un mec ultra talentueux), son copilote (le même en un peu plus junior, qui apprend et vérifie), les 2 seuls à développer et une équipe de support.
  • (p45,46) Définition de l’architecte (il le sous-entend fonctionnel – la MOA quoi) : qui représente l’intérêt de l’utilisateur, qui doit indiquer quel est le résultat attendu mais pas comment cela doit être fait. Par opposition au constructeur (la MOE), qui lui prend en compte les contraintes et le ratio coût/performance, et conçoit  la solution. Ce qui amène un cycle de développement : Architecture (MOA – On définit la fonction d’une boîte noire) > Implémentation (MOE –  On établit le contenu de la boîte) > Réalisation (MOE – On fabrique la boîte). Ne vous offusquez pas sur son choix de vocabulaire, qui diffère de ce qu’on a l’habitude d’employer en France, l’important c’est le découpage des tâches et des responsabilités.
  • (p62) Les spécifications sont le manuel utilisateur.
  • (p116) Le mieux est de toujours commencer par un prototype, jetable ci-besoin, plutôt que de vouloir y arriver du premier coup, puisque la plupart du temps on recommencera plusieurs fois du début.
  • (p117) Tous les besoins utilisateurs ne doivent pas être pris en compte dans le design. Et plus on avance dans le projet, plus c’est vrai.
  • (p142) Il faut tester les spécifications : faire des maquettes, tester les règles de gestion, avant même de commencer le développement.
  • (p143) Le mieux est de faire des programmes modulaires, afin d’augmenter la capacité d’adaptation du système (En 1975 manifestement ce n’était pas évident ;)).
  • (p155) Les jalons sur le planning doivent être clairement identifiés (périmètre et date), afin de ne pas pouvoir se mentir à soi-même par rapport à l’avancement.
  • (p157) Un directeur de projet ne doit pas intervenir dès le premier retard d’un de ses chefs de projet, sans quoi ils arrêteront de rapporter les glissements pour fuir le micromanagement.
  • (p201) Le développement itératif c’est le top (En 1975 ! C’était révolutionnaire !)

Évidemment il y a plein d’autres choses très intéressantes, et à chaque fois il développe et justifie ses idées, mais pour moi le top est dans cette liste.

Vous faut-il le lire ?  Je dirais oui si :

  • Vous vous devez d’avoir de la crédibilité en tant que bloggeur qui ramène sa fraise sur la gestion de projet (mon cas ;)).
  • Vous êtes ou aspirez à devenir chef de projet et que vous voulez comprendre le pourquoi de ce que vous appliquez.

Dans le cas contraire, votre bon sens, l’expérience personnelle et suivre la « BI ça vous gagne » suffiront largement à faire votre culture 🙂

Les différentes carrières du consultant décisionnel

Je vous parlais précédemment du métier de consultant et de la veille technologique associée, et cela m’a lancé sur une réflexion autour des différentes facettes que l’on regroupe sous ce titre.

L’objectif de cet article est plutôt simple : mieux percevoir l’activité du consultant, savoir quelles sont les compétences à travailler pour progresser et également quelles sont les possibilités d’évolutions qui s’ouvrent à ceux qui prennent leur carrière en main.

Cette vision de la chose est issue de mon expérience personnelle. Je suis donc évidemment preneur de votre retour sur le sujet, d’autant plus si vous utilisez une grille de lecture précise qui diffère de celle qui suit.

Pour faire simple je vais découper l’activité du consultant sur 5+2 domaines de compétences, 5 qui s’appliquent en mission, 2 en dehors. Je regrouperai ensuite ces domaines en 8 carrières classiques, ce qui permettra à chacun d’identifier son positionnement et le titre qui lui convient.

Choix de carrière sur les SIMS Social

On commence donc avec les domaines de compétences en mission:

En Mission


Technologies

Activités Connaissance des outils. Capacité à réaliser.
Question associée Comment faire
Progression Par techno, niveau de 1 à 5 : SSIS / SSAS / SSRS / SQL / DAX / MDX …

Théorie du Décisionnel

Activités Capacité à concevoir des solutions. Connaissance des techniques, de la modélisation.
Question associée Quoi faire
Progression Compréhension de l’activité, qualité des modèles, justesse des propositions et remarques…

Fonctionnel

Activités Connaissance des problématiques clients (RH, Finance, Retail, Industrie…).
Question associée Pourquoi le faire
Progression A travers les projets, en diversité, nombre et profondeur…

Gestion de Projet

Activités Faciliter le quotidien, gérer la logistique dans la mission, suivre l’avancement.
Question associée Quand / Combien
Progression Nb et type de projet (forfait / régie), méthodologies (V, Agile), outils planning et budget…

Relation Utilisateur

Activités Recueil du besoin, conduite du changement, assistance à la recette.
Question associée Qui
Progression Aisance générale, qualité des livrables, forme des presentations…

Plus 2 domaines de compétence hors mission:

Hors Mission


Développement du Business

Activités Avant ventes, construction de l’offre, contribution à l’image publique (blog, whitepaper…)
Périmètre Extérieur à l’entreprise
Progression Réussite des A/V, qualité de l’offre, qualité de l’image (appels entrants, canditatures spontanées…)

Management

Activités Gestion du groupe, formation, logistique entre les missions, accompagnement dans la carrière.
Périmètre Dans l’entreprise
Progression Qualité de la vision à long terme, Satisfaction des consultants, faiblesse du turnover, cooptation

Maintenant qu’on a identifié les compétences, on va pouvoir positionner notre premier métier de consultant : le développeur junior, sur la grille.

Les compétences du Développeur Junior

Son premier chemin d’évolution naturel est de monter en compétence sur les technos, de prendre du recul et commencer à penser solution (théorie du décisionnel) et d’apprendre le fonctionnel à travers ses missions. Plus le bleu est sombre et plus la maîtrise est grande.

Compétences des Développeurs

Mais devenir développeur sénior n’est pas sa seule option, il peut choisir d’évoluer vers les autres métiers du décisionnel, qu’on identifiera à partir de leur compétence majeure (bleu foncé):

Métiers du Décisionnel

On peut noter l’absence d’un expert de la relation client, qui à mon sens est en dehors du périmètre du consulting décisionnel et plus dans l’organisationnel. (Update 18/04/2012) David Tang me propose d’inclure le Formateur comme expert de la relation utilisateur, je trouve ça excellent, l’article est mis à jour en conséquence.

Cette liste je la reprends ici:

  • Développeur : Il a déjà de nombreux projets derrière lui, il connaît les produits, les technos, il sait industrialiser les solutions, il développe en solo ou en équipe. Dans tous les cas, dans toutes les situations, il livre.
  • Expert Technique : Il connaît les produits par coeur, toutes les astuces, tous les bugs classiques, toutes les optimisations. C’est lui qu’on appelle pour décoincer une production récalcitrante ou réussir à implémenter cette fonctionnalité qui nous résiste.
  • Architecte : Il voit la solution de bout en bout, fabrique les prototypes, modélise le datawarehouse. C’est lui qui fait la jointure entre la technique et le fonctionnel, le guerrier du « Many to Many », c’est l’évangéliste de Kimball 😉
  • Consultant AMOA – Assistance à Maîtrise d’Ouvrage: Lui sa spécialité c’est les problématiques des clients. Il connaît les métiers (la RH, le retail…), il sait parler aux utilisateurs pour extraire et transmettre les spécificités de leurs besoins aux autres membres de l’équipe.
  • Chef de Projet : J’ai une notion très « Berkunienne » du chef de projet. Pour moi ce n’est pas un manageur, il ne dirige pas des hommes. C’est plutôt un facilitateur, qui fait tout pour que le projet se déroule sans accroc, pour que les autres membres puissent bosser tranquillement. C’est lui qui surveillera les plannings et les rapportera à qui de droit.
  • Formateur : C’est lui qui répand la bonne parole, et les bonnes pratiques, à travers les centres de formation. C’est également lui qui met en place les événements, prépare les présentations et animation, et entretient l’effort de veille technologique au niveau du pôle.
  • Ingénieur Avant Vente : Il accompagne les commerciaux en avant-vente, c’est lui qui gagne les missions et qui prépare l’arrivée de l’équipe projet. Evidemment il connaît le domaine décisionnel puisqu’il répond aux appels d’offres et participe aux chiffrages, qu’il anime des séminaires et qu’il représente l’équipe sur les salons. Il faut l’aimer, puisque c’est lui qui empêche les commerciaux de dire oui à tout 🙂
  • Chef de Pôle : Le vrai manageur de la troupe, il accompagne les consultants dans leur carrière sur la durée.

Évidemment ces rôles ne sont pas exclusifs, on assume tous très souvent plusieurs casquettes en même temps, lorsque le périmètre est petit ou que les compétences manquent. Typiquement: le chef de projet / expert technique, qui encadre les juniors et répond à leurs questions techniques tout en remplissant les plannings quand il a le temps. On a aussi le chef de pôle / ingénieur avant-vente, tant que le pôle fait moins de 20 personnes. Et toutes les autres combinaisons qu’on peut imaginer.

Cela dit, et pour éviter de se diluer, il est bon de donner une orientation majeure à sa carrière, et donc de choisir un titre de prédilection dans la liste. Une fois qu’on a ce point de départ, on peut se projeter et choisir où l’on souhaite se retrouver dans 5 ans.

La progression s’effectue alors sur 2 axes: le premier c’est ajouter du bleu clair dans de nouvelles cases, et donc potentiellement agrandir sa collection de titre comme on collectionne les pokémons. Le second c’est foncer le bleu dans une case, et donc gagner en expertise sur un sujet. De cette manière on retrouve aussi les pokémons, sauf que cette fois ils évoluent:

  • Le développeur s’endurcit, il sait réaliser tous les caprices exprimés dans les spécifications et jongle avec les 35 étapes requises pour la montée en production
  • L’expert technique gagne en reconnaissance: confère Marco Russo, Chris Webb ou François Jehl, pour rester en Europe
  • L’architecte se séniorise, et invente de nouveaux frameworks… Certainement l’évolution la plus casse gueule
  • Le consultant AMOA devient directeur d’étude
  • Le chef de projet devient directeur de projet
  • Le formateur devient évangéliste, que ce soit auprès de l’éditeur ou pour sa société
  • L’ingénieur avant-vente devient responsable commercial
  • Et le chef de pôle grandit avec sa troupe. Diriger 100 personnes ce n’est pas la même chose qu’en diriger 5.

Faîtes le bilan d’où vous en êtes, choisissez votre chemin de progression, et le tour est joué! Vous ne sécherez plus lors du prochain entretien quand on vous demandera « vous vous voyez où dans 5 ans? », votre arbre de compétences sera déjà tout tracé:

Arbre de compétences - World of Warcraft

Apprendre un nouveau langage de programmation ou lire un bouquin de méthodologie? Choisissez l’option qui correspond à votre plan de carrière. On vous propose 2 missions, l’une orientée AMOA et l’autre gestion de projet? Même combat: choisissez la compétence qui est sur votre chemin de croissance. Formez vous en ligne, montrez votre travail à travers un blog ou une contribution Open Source… Soyez actifs, décidez de votre avenir et vous arriverez au but 🙂

Pour conclure sur ce sujet je m’adresse aux chefs de pôle et/ou aux responsables RH. Si vous en utilisez un, je pense qu’il est très bon de coupler le référentiel de compétences avec votre grille de rémunération pour obtenir des salaires distribués de manière objective (cf Joel Spolsky). Rien de tel pour motiver vos collaborateurs à prendre en main leur carrière. Tout le monde est gagnant!

4 liens rapides pour la semaine (2012-07)

Encore une super sélection cette semaine, que du lourd 🙂

  1. Jeff Atwood (Coding Horror) qui nous donne son avis sur les réunions.
  2. Joel Spolsky chez Fred Wilson sur l’organisation de sa société. Ça me travaille de voir comment appliquer ça à une SSII.
  3. Seth Godin qui nous rappelle de bien savoir qui sont nos clients.
  4. Enfin, DHH de 37 Signals sur le mythe des startups, suivi de l’excellente réaction de Bryce Roberts qui souligne l’émergence des indépendants.

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