SQLPASS 2010 – Journées 2 et 3

Oh mon dieu! Il s’en est passé des choses en 2 jours! C’est la révolution 🙂

D’abord SSIS, qui d’après Jamie Thomson ne change pas beaucoup en dehors de la refonte de l’interface dans VS2010:

Ensuite SSAS, qui lui explose dans tous les sens:

Vous avez remarqué comme le powerpivotiste aime et le pro-mdx n’aime pas?

Pour voir pourquoi, il faut comprendre que désormais les deux fonctions du datawarehousing (stockage longue durée et analyse/restitution) sont vraiment séparées dans les produits Microsoft.

En stockage longue durée on a SSIS pour l’alimentation et SQL Server (dB Engine) pour le stockage. Les deux produits sont matures, de très bonne qualité et reconnus sur le marché. Pas de débat là dessus.

C’est point de vue analyse et restitution que ça change beaucoup. Avant (enfin maintenant quoi…) on avait trois possibilités pour faire le job:

  • Source SQL Server restituée dans SSRS: facile (SQL) mais pas optimisé pour 2 sous
  • Source SSAS restituée dans SSRS: complexe autant dans le langage de requête (MDX) que dans l’incapacité chronique des 2 softs à tourner ensemble, mais super performant
  • Source SSAS restituée dans Excel: sympa mais uniquement pour les gros joueurs d’Excel qui veulent jouer avec la donnée

Ce sont ces schémas qui évoluent pour passer à deux nouvelles manières d’organiser les données en source, que tous les outils de reporting devraient être capable de requêter:

  • La nouvelle vision, le BISM (BI Semantic Model), qui est une vue relationnelle des données, qui utilise le moteur VertiPaq et le langage DAX
  • La vision actuelle, l’UDM (Unified Data Model), qui est la vue multidimensionnelle qu’on connait déjà, utilisant le moteur SSAS « classique » et le langage MDX

En image ça donne ça:

Bon bin c’est super en fait! Ça nous donne une nouvelle corde à notre arc sans éclater l’existant, en fait c’est chouette!

Sauf que… Sauf que le nouveau SSRS (Project Crescent) est DAX only, tout comme l’est PowerPivot, et qui dit PowerPivot dit Excel et SharePoint à moyen terme. Ça ne laisse donc que l’éco-système hors Microsoft pour s’occuper du MDX à moyen terme. Juste quand le langage commence à gagner de la traction chez les autres vendeurs. Ça ressemble beaucoup à du fire and motion tout ça. C’est pas joli-joli!

On comprend donc que les experts SSAS tirent la tronche et les experts PowerPivot sabrent le champagne 😉

Et pour nous commun des mortels? Personnellement je suis plutôt optimiste, je cite Rob Collie (ancien program manager SSAS quand même) dans l’article que j’ai linké plus haut:

The SQL team at MS has long had three teams in the BI space:  SSAS, SSRS (Reporting Services), and SSIS (Integration Services).  Both AS and RS got along great with IS, but in all honesty, AS and RS have behaved more like rivals for as long as I can remember.

Well, a number of the personalities behind the scenes that were responsible for that competitive vibe have departed.  And the results are resoundingly positive – the two teams are now cooperating.  Fully.

Donc pour la première fois les équipes SSAS et SSRS bossent main dans la main. Vu le talent de ces équipes, personnellement j’ai confiance 🙂

Allées et venues chez Microsoft

C’est rigolo: Rob Collie (PowerPivotPro) a quitté Microsoft en février. Il était Program Manager SSAS et bossait principalement sur PowerPivot.

Il a sacrément bien bossé sur son blog depuis et a même réussi à s’adjoindre en juin les services de Kasper de Jonge en co-bloggeur, la star européenne de PowerPivot.

Les deux ont fait un super boulot pour évangéliser la foule à PowerPivot, je dirais même qu’ils portent à eux deux 90% de l’effort de démocratisation de la technologie.

Et bien hier Kasper nous a appris que c’est finalement lui qui prendra la succession de Rob chez Microsoft. C’est tellement joli qu’on dirait que c’est scénarisé!

Besoin d’amour

Voici deux nouveaux articles intéressants de Jamie Thomson (SSIS Junkie) qui valent largement d’être relayés ici.

Tout d’abord une requête SQL qui génère la liste des index sur une base. Pratique pour optimiser une requête quand on développe sur une base inconnue.

Ensuite, plus qu’un simple article, c’est une réflexion sur l’amour, ou le manque d’amour, que porte Microsoft aux développeurs BI comparés aux développeurs .NET. Je ne peux qu’être complétement d’accord avec lui sur ce point, surtout en ce moment où je suis noyé dans SSRS et son comportement mystique.

Dernièrement, le seul effort de guerre manifeste de Microsoft en BI c’est de faire du neuf avec PowerPivot et le DAX.

D’une part c’est pénible pour l’existant, alors que nous sommes encore bloqués par des bugs repérés il y a 5 ans (voir les dates des articles techniques que je link dans ce blog). C’est à se demander s’il y a encore des gens qui bossent sur les expression languages et le MDX à Redmond! Certainement pas Mosha en tout cas…

D’autre part quand on a vécu la débâcle de PerformancePoint il y a 2 ans, ça peut faire peur de ré-investir dans une nouvelle techno sortie de nulle part comme PowerPivot. Heureusement pour elle qu’elle est vachement plus sexy que PPS!

Il ne reste qu’à croiser les doigts en espérant que des efforts seront faits pour la prochaine version de SQL Server. Et quand je parle d’efforts, j’espère un peu plus que des bords ronds pour les tâches de SSIS.