Penser sa SSII autrement – Investir dans ses collaborateurs

Alors que la fin d’année arrive, avec ses entretiens annuels, ses augmentations et ses calculs de primes, une discussion revient régulièrement sur le tapis entre consultants : celle de la répartition du cash dans son entreprise.

Parce que lorsqu’on facture 600€ par jour, plus de 200 jours par an, soit plus de 100’000€ de chiffre d’affaires, en étant payé 50’000€ bruts et qu’on s’entend dire que la société n’a pas les moyens de payer les primes cette année, ça surprend toujours.

Comité de direction

Cette année c’est le comité de direction qui décidera des primes.

Faisons donc le calcul dans cette hypothèse. En 2012 il y a eu 254 jours ouvrables, avec 11 RTT et 25 jours de congés payés ça laisse 218 jours facturables. Pour un profil confirmé déployé sur missions de 6 mois, on peut tout à fait imaginer 210 jours effectivement facturés sans trop de problème. Ça laisse quelques jours de transition entre les 2 missions, plus 2 jours de présence aux Journées SQL Server 😉 Notre profil confirmé facture à 600€/jour (pas génial mais c’est la crise nous dit-on…), soit un chiffre d’affaire de 126K€. Côté charge, on va inclure les cotisations patronales dans le salaire (*1,44), et passer de 50K€ brut à 72K€. Là-dessus on ajoute une participation aux frais de structures (salaires des non productifs, fonctionnement, loyers, matériel…) qui s’estime par tradition à 20% de ce montant, et les charges arrivent à 86,4K€. On obtient donc un résultat avant impôt de 39,6K€, imposé à 30%, ce qui fait un résultat net de 27K€ (32% de rentabilité, résultat net / salaire total). Alors évidemment il faut prendre ça avec un rocher de sel, puisqu’on pose beaucoup d’hypothèses pour arriver à ce chiffre, dont certaines qui peuvent tout changer au résultat. Par exemple il est assez contestable d’appliquer l’impôt sur le résultat au niveau du consultant plutôt qu’au niveau de la société, puisqu’il peut s’annuler si la marge de notre consultant rattrape le manque à gagner d’un autre pôle en déficit. De même pour la contribution aux frais de fonctionnement, en fonction de l’efficacité / la gourmandise du management, le montant peut vraiment exploser.

 Dilbert du 27/05/2012

Quoi qu’il en soit, notre consultant génère un montant X net qu’on estimera à 27K€ / an, la question étant donc que faire de cet argent. Et c’est très bien puisque c’est là où je voulais en venir avec cet article ! Dans le mode de gestion actuel des SSII, les employés n’ont aucune idée de ce que devient cette marge, ni même au minimum de la manière dont elle se ventilera. Et je trouve ça bien dommage (dit l’employé qui n’a pas encore été patron ;)). Car si les postes de dépenses sont facilement identifiables, c’est dans la répartition que s’exprimera les valeurs du management. Notez que je ne suis pas l’inventeur de cette vision, je ne fais que la relayer. Les postes les voici, sans ordre particulier :

  • Les actionnaires, sans eux rien n’aurait été possible, il est normal qu’ils perçoivent un retour sur leur investissement initial
  • Les clients, évidemment de manière indirecte, par exemple par l’augmentation de la qualité du service rendu, la qualité du SAV ou du marketing…
  • Les collaborateurs, on va en parler !

Notez que je n’indique pas de poste spécifique pour le management / la direction. Leurs services sont payés par la contribution de 20%, et ils sont évidemment dans la catégorie « collaborateurs » avec tous les autres. De la même manière je n’inclus pas de poste « société », qui couvrirait la constitution et l’entretien des besoins techniques court terme comme le fonds de roulement, ni les réserves pour procéder à des investissements moyen et long termes. Cela fait partie également de la contribution de 20% aux frais de fonctionnement. Pendant les périodes fluctuantes de la vie de la société, on peut envisager d’augmenter la contribution pour couvrir tous ces besoins. Typiquement, lors des 2 premières années, il est nécessaire de constituer le fonds de roulement, et de se créer des réserves en cas d’arrêt temporaire de l’activité (3 à 6 mois sans facturation par exemple). Toute la marge y passe, et c’est normal. De même pendant un creux d’activité, et en gros à chaque fois que la survie de l’entreprise est en question.

La crise de 29

MSemploy.fr – Ah non ! C’était en 29 ça.

Mais lorsqu’on est dans une période stable du cycle de vie de l’entreprise, il est normal de ventiler la marge réalisée sur les 3 postes identifiés, pourquoi pas de manière équitable ? Pour cet article nous sommes en vision collaborateur, voyons donc ce que cela donne. Si notre consultant confirmé a généré 27K€ de résultat, et qu’on considère qu’un tiers de ce résultat devrait lui être consacré, cela représente 9’000€. Que faire avec ce montant ?

  • Verser une prime ? Attention 1’000€ de prime nette représentent quasiment le double payé par l’employeur, soit pas loin de 2’000€
  • Pour un consultant, acheter des bouquins, des abonnements (MSDN, Projet Botticelli…) ou bien l’équiper des dernières technologies, PC, smartphone… 2’000€
  • Payer une formation, attention à compter le prix de la formation et le cout de la non facturation, le manque à gagner en quelque sorte. Soit 3’000 + 600*3, grosso modo 5’000€ pour 2 ou 3 jours avec Marco Russo, Alberto Ferrari ou Chris Webb. Pas cher pour être formé par les meilleurs mondiaux.
  • Plus quelques jours au siège à ne pas facturer pour bosser en R&D (et pas sur les projets internes de la direction)

Et voilà. C’est vite parti ! Ça n’a peut-être l’air de pas grand-chose, mais je ne connais pas beaucoup de SSII qui investissent « autant » dans leurs collaborateurs. C’était mon premier point. Le fait qu’il me paraît normal qu’une partie non négligeable de la marge générée par le collaborateur lui soit consacrée dans l’amélioration de son environnement de travail et de sa compétence. Le fait également que cette quantité n’est pas aussi importante que la plupart des consultants peuvent le croire. Tout du moins pendant cette période de « crise », avec des acheteurs qui torturent les taux de facturation et des patrons de SSII qui consacrent une part trop importante de la marge à constituer des réserves par peur de la fin du monde. Le deuxième point, c’est ce fameux 20% de contribution dont on parle tout du long du calcul. J’ai envie d’arrêter de le considérer comme une taxe sur l’activité du consultant, et plutôt le voir comme une prestation que le collaborateur achèterait à l’entreprise et dont elle devrait justifier le prix. On en reparle plus tard 😉

JSS2012 : Modélisation Dimensionnelle – Slides à télécharger

Si l’année dernière nous avions eu la chance d’avoir des webcasts enregistrés pour chaque session, malheureusement cette année nous n’avons pas eu le budget. Je n’ai donc que les slides à vous proposer, pour cette session Modélisation Dimensionnelle présentée avec mon compère Charles-Henri. Ah et une photo aussi 🙂

JSS2012 - Charly et Florian causent Modélisation Dimensionnelle

Rho ces speakers qui regardent l’écran…

 

J’en profite pour rappeler la littérature obligatoire dont on parle pendant la présentation :

Voilà pour le contenu de la présentation. Concernant le « public speaking », je vous avoue que c’est un exercice qui m’éclate de plus en plus. Si j’ai encore les chocottes les 5 premières minutes avant le début, ça ne dure guère et ça se transforme vite en plaisir.

Par contre, pour que ce soit vraiment le cas, cela demande quand même 2 choses :

  • D’abord parler d’un sujet qui me passionne. Je ne pourrais définitivement pas faire ça sur un sujet qui ne m’intéresse pas, ou avec des contraintes éditoriales qui m’empêcheraient de délivrer le message comme je le souhaite.
  • Ensuite de la préparation ! Il faut du temps pour murir les slides (au moins 3 versions successives complétement différentes), et surtout répéter, pour harmoniser son discours, travailler ses transitions et valider qu’il y a bien un fil rouge, qu’on raconte bien une histoire, plutôt qu’énumérer une suite de listes à puces.

Si ces deux conditions sont remplies, alors c’est vraiment fun !

Et vous avez l’habitude avec moi, là aussi j’ai un gourou dont je suis les enseignements, il s’agit de Scott Berkun (celui dont je tiens également la vision différente du rôle de chef de projet) et son livre c’est « Confession of a Public Speaker », une référence sur le sujet.

Enfin, n’hésitez pas à me faire vos retours sur la session dans les commentaires. Ce que vous avez aimé, ce qui vous a déplu, à quel moment je vous ai perdu, est-ce que j’ai réussi à vous rattraper… Ça m’intéresse beaucoup ! Et en question complémentaire : on parle de quoi l’année prochaine ? 😉

Dilbert du 01/09/2012

J’adore 🙂

Dilbert du 01/09/2012

Traduction approximative:

Boss: Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous faites du si mauvais travail dans votre nouveau rôle?

Dilbert : Bien sûr, un idiot a vraiment raté l’adéquation entre mes compétences et la mission.

Boss : Je vais reposer la question, mais cette fois-ci essayez de dire quelque chose sur votre propre compte.

Dilbert : Je suis trop honnête?

4 liens pour la semaine (2012-50)

5 liens pour bien terminer la semaine!

  1. Nos amis Lean d’Evolving Excellence sont de retour, et ils sont en pleine forme ! D’abord Bill Waddell, qui remet les choses en place dans l’analyse du New York Times sur les problèmes de formation d’un artisan du bois. Le parallèle vers les SSII n’est vraiment pas difficile à faire.
  2. Ensuite c’est Kevin Meyer qui nous rassure sur le feedback négatif que l’on peut se faire lorsqu’on avance sur un nouveau chemin de progression. Important à garder en tête pour ne pas se décourager.
  3. Une courte leçon de stratégie business par Chris Dixon, plus précisément de positionnement de l’offre et de verticalisation. Il est clair que si la connaissance métier est là, une verticalisation (spécialisation dans une fonction ou un domaine métier) est toujours positive pour l’offre. Mais il ne faut pas oublier le début de cette phrase…
  4. Derek Sivers qui nous parle de notre influence sur le monde, et de l’équilibre à maintenir entre notre effet local (les gens physiquement présents autour de nous) et global (notre environnement au sens large, la communauté). En tant que bloggeur ça raisonne beaucoup en moi, et Romuald si tu me lis, sache que forcément ça me fait penser à toi 😉
  5. Et un bonus : le Fixer’s Manifesto – le manifeste du « McGuyver ». A imprimer et afficher dans son bureau ! Via BoingBoing.

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Retour sur les JSS2012 – en tant que visiteur :)

Avant de vous faire un retour en mode speaker, avec comme promis les slides pour la Modélisation Dimensionnelle, je voulais faire un petit retour sur les sessions auxquelles j’avais assisté lors de cette édition 2012 des Journées SQL Server.

Parce que je ne sais pas comment vous vous l’avez vécu, mais moi j’ai constaté une vraie montée en puissance de certains speakers, tant en terme de contenu que de niveau de présence et de présentation. Ok, et en toute franchise, le niveau était loin d’être uniforme, et c’est un des sujets sur lequel on travaillera pour l’année prochaine. Mais pour moi, la présence des speakers suivant valait largement le déplacement (dans l’ordre chronologique des sessions) :

    Eric Grenon aux JSS2012

  • Eric Grenon sur le Private Cloud. Il connaît très bien son sujet et j’ai bien accroché avec ses idées. J’ai malheureusement du m’éclipser avant la fin pour des soucis d’organisation, mais définitivement une bonne découverte.

Aurélien Koppel aux JSS 2012

  • Aurélien Koppel sur SSAS Tabular. J’aime beaucoup son style un peu dandy, c’est bien préparé, ça déroule tout seul, on voit l’expérience !

Patrice Harel aux JSS2012

  • Patrice Harel, la révélation de ces JSS2012, pourtant sur un sujet assez aride : le Processing sur SSAS 2012. Comme pour son livre, on sent la maitrise et la passion pour les outils, bravo !

François Jehl et David Joubert aux JSS2012

  • Le duo François Jehl et David Joubert, sur la session DAX pour les fans de MDX. Là on avait le package complet : le fond et la forme, avec l’humour en prime. J’ai passé un excellent moment et vous l’aurez compris, c’est ma session préférée de cette édition.

Stéphane Guilleminot aux JSS2012

  • Enfin, Stéphane Guilleminot, qu’on a applaudit à la fin de son opération de chirurgie XML sur package SSIS 2012. Honnêtement je ne m’y serais pas risqué, mais lui il l’a réussie, en live.

Un gros bravo également aux speakers hors concours :

N’oublions pas ceux que je n’ai pas pu voir (3 à 4 tracks en parallèle, plus l’organisation, dur de tout suivre), je sais donc que j’en ai raté d’autres très bons 🙂

Et vous alors, qui ont été vos chouchous cette année ? Vous partagez mon avis sur le niveau qui s’améliore?

PS : Un gros bravo à la photographe, Annaelle Le Roy, car ces gens ne sont vraiment pas aussi beaux dans la vraie vie 😉

Journées SQL Server 2012 : Mon programme

Je suis le bon exemple de Philippe et vous confie à mon tour le petit programme que je me suis préparé pour la semaine prochaine (ça passe trop vite – mais vous pouvez toujours vous inscrire!).

Voyons ce que ça donne pour Lundi:

  • 09h00 : Plénière
  • 10h00 : Tour d’horizon SQL Server 2012
  • 11h45 : Private Cloud SQL Server. Si je recommande la session concurrente, la BI en 2013, sur le même créneau, perso je pense avoir une vue assez précise du sujet pour me permettre une incartade en dehors de la track verte.
  • 14h00 : SSAS 2012 Tabulaire, 1 an après. Je suis sûr qu’Aurélien et Erwan vont nous faire partager leur sagesse acquise dans les tranchées 😉
  • 15h45 : Modélisation Dimensionnelle avec Charly. En même temps je n’ai pas trop le choix !
  • 17h15 : Le grand dilemme. J’ai envie d’aller voir les 4 : Big Data (avec Romain qui a bien vendu sa session), Infrastructure BI (toujours bon à prendre pour un archi BI), MDS vu par Logica (voir si eux arrivent à me le vendre), et Processing SSAS 2012 (avec Patrice et David Tang). Mon cœur balance !

Et voici pour Mardi:

  • 09h00 : Plénière
  • 10h00 : EIM (SSIS, DQS, MDS) par Ismaël et Thomas.
  • 11h45 : BI et ALM avec JP. Dans l’ALM peuvent se cacher des gros morceaux d’Agilité. A ne pas rater pour moi donc 😉
  • 14h00 : DAX pour les fans de MDX. François et David sur une session 500 ? Va falloir s’accrocher à l’heure de la digestion !
  • 15h45 : Je vais peut-être abandonner Alexandre et sa session sur la DataViz et la BI Mobile pour continuer sur l’ALM côté SQL Server. Mon cœur balance encore entre le plaisir et la raison 🙂
  • 17h15 : Pour la dernière, j’irais évidemment écouter Olivier et Caroline nous parler Ergonomie & Storytelling pour la DataViz.

Et vous alors ? Vous avez votre programme ? Ça donne quoi ? 🙂