Dilbert du 07/06/2011

Un petit Dilbert, ça faisait longtemps 🙂 En plus il parle tellement bien de la vie du consultant décisionnel!

Dilbert.com

Traduction approximative:

Collègue de Dilbert : Mon modèle financier dans Excel est tellement compliqué qu’à mon avis la plupart des formules sont fausses.

Collègue de Dilbert : Mais ça ne pose pas de problème puisque le management n’utilise les résultats que lorsque les chiffres leur permettent d’avancer dans leur plan de carrière.

Collègue de Dilbert : Hum, hum… Je viens juste de réaliser la futilité de ma vie.

Boss : Vous avez les slides imprimés?

Un débat glissant…

Si vous avez récupéré la liste de mes flux RSS, vous avez pu vous étonner de la présence de certaines entrées. Je pense par exemple à Free Range International et The Captain’s Journal,

Le premier est le blog de Tim Lynch, un « contractor » de l’armée américaine déployé en Afghanistan depuis 2005. J’ai commencé à le suivre pour avoir un contre-avis sur la problématique des sous-traitants du DoD à la Blackwater/XE, vous savez, ces entreprises qui facturent des milliards pour aller faire les cowboys et tuer les locaux dans les zones de guerre. Tim Lynch fait partie d’une petite boite qui opère dans l’ombre de l’armée américaine pour aider à la reconstruction, et ses récits sont passionnants – voir le dernier par exemple. D’une part cela permet de prendre beaucoup de recul sur notre propre situation et nos petits problèmes, d’autre part il parle des mêmes problèmes organisationnels que l’on rencontre en faisant du consulting classique.

Le second est le blog d’Herschel Smith, le père d’un Marine également déployé en Afghanistan, bon chrétien conservateur de Caroline du Nord. C’est un peu un euphémisme de dire qu’il supporte difficilement les démocrates 😉 Lui je l’aime bien car il ne fait pas dans l’argumentaire à 2 sous, il raffine vraiment ses propos et très souvent il fait mouche. Rien de tel pour stimuler sa perception du monde!

Un de ses derniers articles parle du deuxième amendement de la constitution américaine: le droit à posséder et porter des armes à feu. Je vous encourage vivement à aller le parcourir. Pour les pressés, dans cet article il part d’un fait divers – un homme qui se balade dans la rue avec son arme dans un holster bien visible, qui se fait maltraiter par la police – pour déconstruire l’argumentaire classique des anti deuxième amendement. Et il est bon le bougre! De cette lecture m’est venu une idée que je souhaitais vous exposer. Si la possession d’une arme est souhaitable pour se défendre contre un gouvernement qui déraperait (l’origine véritable du 2ème amendement), pourquoi ne pas lier le niveau de possession / droit au transport des armes à feu au niveau d’alerte du gouvernement?

Dans ce scénario par temps de paix on fonctionne comme en France: permis nécessaires, délivrés par l’état après contrôle, entrainement possible en stand de tir, etc, etc, et plus l’état passe en état d’urgence, plus les citoyens peuvent s’équiper / porter des armes en publique, comme dans les états les plus conservateurs des USA. Notez qu’au contraire à l’heure actuelle le gouvernement restreint les libertés individuelles quand l’état d’urgence est déclaré.

En fait je trouve séduisante l’idée d’adapter la capacité de self-defense des citoyens en fonction du niveau de passe-droit (nécessaire selon les circonstances) que s’autorise l’état. Cette idée a plein de contre-arguments, c’est un débat glissant (d’où le titre de l’article) et je ne suis certainement pas le plus qualifié pour traiter de ce sujet. Mais ce qui m’intéresse c’est de revenir au thème du blog et voir si c’est une idée transposable dans l’organisation de l’entreprise. Évidemment le but n’est pas de réfléchir à comment distribuer des armes à feu dans les open-spaces non, mais de prévoir des circuits adaptatifs d’auto-défense des collaborateurs quand le management part en sucette. Quels moyens les collaborateurs peuvent employer pour sauver l’entreprise quand le comité exécutif s’écroule? Est-ce que les syndicats en font partie? Est-ce que l’actionnariat-salarié en fait partie? Quels indicateurs déclencheraient l’escalade? Je ne sais pas mais cela m’interpelle…

 

La constance est une vertu (hein HP?)

La constance est une vertu qui doit apparaître dans les grilles de relecture des décisions prises par le top management d’une entreprise. Enfin pour celles qui utilisent des grilles de relecture, évidemment…

Pour les autres, c’est surement un conseil qui tombe à l’eau. Un bel exemple de ces dernières c’est HP.

En mai, le top management d’HP annonçait à la presse sa certitude de devenir le numéro « 1+ » des tablettes avec le TouchPad. En juin, suivant une série de revues plutôt peu flatteuses de l’engin, un autre représentant d’HP affirmait que finalement l’iPad n’avait jamais été le concurrent du TouchPad, et que de toutes façons tous les problèmes seraient corrigés par patch après la sortie du produit. Quand la tablette sort en magasin HP en vend si peu qu’elle est arrêtée et bradée au quart de son prix, ça c’est en août. Également en août, le revirement stratégique complet qu’est l’annonce de l’abandon de l’activité PC– activité historique du groupe HP (même effet que Renault qui annoncerait l’arrêt de son activité voiture). Enfin en septembre, la conclusion évidente de l’histoire se produit avec une réduction des effectifs de l’équipe responsable du TouchPad…

Clairement la constance, la notion de long terme, ne fait pas partie de la grille de relecture des décisions d’HP:

  • Aucune constance dans le positionnement stratégique sur le marché
  • Aucune constance dans le message passé à la presse
  • Aucune constance dans le marketing du produit
  • Aucune constance dans la fonction première de l’entreprise
  • Aucune constance dans le management des équipes (vous êtes les numéros 1+ > vous êtes virés)

Pour y voir plus clair on peut demander à Horace Dediu (Asymco / HBR) ce qu’il pense de la stratégie produit d’HP. On peut aussi avoir une vue plus manageriale avec l’avis de Ben Horowitz. Et quand on remonte le temps, on réalise que certains avaient déjà prédit le drame l’année dernière, et pas des moindres, entre autres Larry Ellison et Robert Cringely.

Pour moi c’est John Gruber qui résume le mieux la situation en disant qu’en dehors de mettre volontairement le feu au siège de la société, il est difficile de voir comment Léo Apotheker, CEO d’HP pendant cette période, aurait pu faire pire. Comment ça se passe pour aujourd’hui pour Apotheker? Il est mis à la porte avec un chèque de 25 millions de dollars. Vingt-cinq millions de dollars.

Là clairement je m’interroge sur ce que fait le comité exécutif. Quelles valeurs pensent-ils que ce type de décision véhicule auprès des collaborateurs? Certainement pas la loyauté ni l’engagement dans les résultats, donc pas la constance, c’est sur.

Ce qui est navrant c’est que ce comportement n’est pas l’exception, heureusement ce n’est pas non plus la règle, mais il est suffisamment étendu pour que certains s’interrogent sur la possibilité de réglementer le sujet. A mon sens c’est une très mauvaise idée, mais une bonne piste de réflexion.

Cela dit il y a un côté positif dans toute cette histoire. Nous vivons dans une ère où ce genre de comportement est rapidement sanctionné. Avec Internet pour le partage d’information et la mondialisation des marchés boursiers pour la punition financière, le défaut de qualité du management d’HP n’aura pas mis longtemps à être recadré. Et ce qui est beau c’est que plus l’entreprise est dépendante des marchés financiers, plus elle souffrira de ses errances. Notez que je ne suis pas pour les marchés financiers tels qu’ils sont implémentés aujourd’hui, c’est même un euphémisme, mais je trouve que pour une fois cela fait une belle boucle de feedback.

Pour conclure sur HP, je ne connais pas la remplaçante d’Apotheker, Meg Whitman, mais même si c’est un excellent CEO elle va se trainer le pire comité exécutif de l’année. Ce n’est pas le genre de choses qui aident lorsqu’on doit entreprendre une reprise aussi drastique que celle que doit envisager HP pour revenir sur le devant de la scène. On en reparle dans un an!

NB: Attention à ne pas confondre constance et résistance au changement: rien n’est permanent sauf le changement 😉

Update 25/09/2011 : Via the Macalope (3ème partie de l’article), un premier avis sur Meg Whitman. Ça fait peur. Je me rend compte que j’ai surement tort en disant que HP manque de constance: ils sont vraiment constants dans l’incapacité à prendre les bonnes décisions…

Anything You Want – Derek Sivers

Un des livres que j’ai lu cet été c’est « Anything You Want »  (Amazon FREN) de Derek Sivers (Wikipedia | Blog  – Attention à l’auto-traduction foireuse, pensez à repasser en anglais).

Derek Sivers : Anything You Want

Derek Sivers ce n’est pas un inconnu pour ceux qui me suivent, c’est un monsieur que j’aime beaucoup et dont je link régulièrement les articles. J’avais particulièrement aimé sa méthode pour bien recruter ses consultants informatiques. En effet c’est une bonne réponse à un client qui me reproche d’être trop cher par rapport à mes concurrents, cela permet de bien démontrer la valeur qui justifie le coût 😉

Son livre est sorti cet été et fait partie de l’initiative de publication indépendante « The Domino Project »  que Seth Godin a lancé tantôt. Au-delà d’être une expérience intéressante dans les business models des éditeurs, ce label est surtout une très bonne sélection d’auteurs.

« Anything You Want » est un bon bouquin, rapide à lire et compact, qui contient le retour d’expérience de Derek Sivers dans son aventure entrepreneuriale qu’a été CD Baby. Notez qu’il contient beaucoup de matériel déjà publié sur son blog, donc si vous êtes pour la protection des arbres, les idées principales contenues dans le livre sont déjà disponibles en ligne. Perso j’apprécie beaucoup ces livres qui reprennent les articles phares des bloggeurs connus, en nettoyant et ordonnançant les articles dans une trame cohérente. Si ce job d’édition est bien fait, cela accélère considérablement la découverte du travail de l’auteur. Et puis en plus un livre on peut le prêter et faire découvrir l’auteur autour de soi 🙂

Point de vue contenu, les points les plus remarquables ont été repris en vidéos de 2/3 minutes chacune. Ça vaut le coup d’aller y jeter un coup d’œil si vous avez le temps.

Je recommande ce bouquin si vous ne connaissiez pas le bonhomme et que vous lisez encore du papier. Si vous suivez déjà son blog le livre est un peu redondant, si vous ne lisez plus que de l’électronique mais que vous ne le connaissiez pas, c’est le moment d’ajouter le flux RSS de son blog à votre lecteur.

Voilà pour ma première lecture de vacances, on enchaîne la semaine prochaine!

Poor SQL : l’éléphant bleu du SQL

Via le mailing de Brent Ozar & Coje recommande vivement cette newsletter à quiconque bosse de près ou de loin sur SQL Server – un petit outil sympa qui reformate vos requêtes T-SQL directement dans votre navigateur web : Poor SQL. Ça marche plutôt bien, le voilà d’ailleurs déjà qui atterrit dans ma barre de favoris!

Et pour ceux que ça intéresse, j’en profite pour vous rappeler l’existence du Blitz de Brent Ozar, script SQL qui permet de prendre en main en 60 minutes les serveurs SQL dont vous venez d’hériter.

Ma fuite au pays de la pomme

Je le disais tantôt, j’ai craqué pour le tout nouveau Macbook Air d’Apple.

Pour un consultant décisionnel spécialisé dans les technologies Microsoft, c’est vrai que c’est un peu ironique de passer à un produit du concurrent numéro 1. Je le justifie comme une preuve d’ouverture d’esprit… Je vous promets que de temps en temps ça passe 😉

Et puis je ne suis pas le seul. Je me suis renseigné, et la plupart des gens qui minspirent le sont. Ok c’est un peu un raisonnement de mouton, mais même dans mon écosystème vraiment pro-Microsoft les meilleurs sont sur Macbook.

Alors pourquoi un Mac ? Pour le hardware, évidemment, c’est super bien fini, bien pensé, le matos est sexy, la résolution d’écran est la bonne, à l’heure actuelle c’est juste le top en terme de design et de finition. Mais c’est également pour le software : OS X Lion est un bijou. Tout est intuitif, tout est facile. C’est surement la version de l’OS la plus facile à prendre en main pour quelqu’un qui vient du monde Windows.

Pourquoi ce Mac ? Le Macbook Air c’est le partenaire idéal du consultant (non développeur). Il est fin, léger (1.3kg), format A4, il démarre en 10 secondes et il a une grosse autonomie. C’est la classe en salle de réunion, c’est la classe pour faire un pitch à un client, c’est la classe pour faire une présentation à 40 personnes, c’est toujours la classe ! Je dis consultant mais pas développeur parce même avec un écran externe grand format, il manque de RAM pour en faire une machine de dév à temps plein – j’en reparle plus bas.

Pour ceux qui envisagent de « switcher », voici les points qui m’ont le plus impactés dans mes premiers jours, dans le désordre :

  • C’est bête à rappeler mais… Internet est le même sur toutes les systèmes d’exploitation. Donc pas d’inquiétudes pour GMail, Maps, Hotmail, et toutes les autres applis web, ça tourne nickel.
  • Sur Mac on installe pas un logiciel, on copie juste son package dans le répertoire « Application » et c’est tout! Ce package soit on le récupère en ligne (souvent dans un zip), soit il vient dans un DMG, une image disque. Un DMG ça se monte (on double clique dessus) et ça devient un disque dur qui contient le fichier attendu (idem ISO). Une fois fini on démonte (éjecte) le DMG et on peut le supprimer. C’est vraiment fastoche !
  • Pas de bouton droit, mais il y a un menu contextuel en faisant un click à 2 doigts sur le trackpad. D’ailleurs ce trackpad multitouch, il est génial.
  • L’OS et les applis utilisent beaucoup de raccourcis clavier qui accélèrent considérablement la manipulation. On les apprend progressivement avec le temps.
  • Il existe 2 très bons guides officiels pour commencer : Mac 101, Switch.
  • OS X est un super système d’exploitation, surtout parce que les logiciels qui y sont disponibles sont d’une très grande qualité (Sparrow, Reeder, Boxer, Caffeine, Fantastical, iStat Menus…)
  • Enfin, il est super facile de partager des fichiers avec un environnement Windows, par le réseau (utiliser smb:// dans safari si ça ne vient pas) ou par clef/disque USB.

Enfin, par rapport à mon activité de consultant, j’ai installé une machine virtuelle Windows. Une machine virtuelle c’est avoir un Windows complet dans une fenêtre dans OS X. Et malheureusement c’est là où n’avoir que 4Go de RAM pêche un peu. En effet cela veut dire qu’on va partager la RAM entre Mac OS X et Windows. Deux Go de RAM pour Windows Server 2008R2 avec SQL Server et toute la stack BI Microsoft, ça fait pas beaucoup.

Mais si on fait attention aux services qui se lancent, on se retrouve avec Office 2010 pour Windows (à moi les connexions OLAP et SQL Server, à moi PowerPivot et les nouveaux tableaux croisés dynamiques avec slicer), et carrément un SQL Server 2008R2 complet qui tourne au poil. Pour un POC, une démo ou une présentation ça marche nickel. En plus SQL Server profite vraiment bien du SSD: c’est ultra rapide… jusqu’à ce que ça crash à cause de la RAM ;). Et puis c’est tellement sexy d’avoir Visual Studio et Management Studio sur mon petit Macbook!

Vous l’avez bien compris je suis conquis par cette machine! Je vais attendre quelques mois et je vous ferai un autre compte rendu, une fois passée la période d’euphorie initiale, et on verra si la passion tient dans la durée 🙂