Consultants Juniors, Confirmés, Séniors, quels critères pour quantifier l’expérience?

On avait déjà évoqué ensemble les différents choix de carrière pour un consultant décisionnel – ou plus généralement pour n’importe qui travaillant dans l’IT – et j’étais passé assez rapidement sur la montée en séniorité.

Je reviens donc sur le sujet, pour clarifier ma vision de ces différents sous-titres qui ornent nos cartes de visite.

Petit consultant deviendra grand…

Par niveau, je vois les choses comme ça :

> Débutant / Stagiaire

  • 0 expérience
  • En cours d’apprentissage
  • Contre-productif, coûte du temps sans en rapporter avant 3 mois d’activité

> Junior

  • 1 à 2 ans d’expérience
  • Est capable d’exécuter le travail unitaire qui lui est demandé
  • Quasiment aucune autonomie, doit être piloté quotidiennement

> Confirmé

  • 3 à 4 ans d’expérience
  • Est autonome dans son propre travail de bout en bout
  • Nécessite un point de référence quand les choses se corsent

> Sénior

  • 5 à 10 ans
  • Pilote les travaux unitaires des autres pour l’élaboration d’une solution complète
  • Connaît à l’avance les points durs et sait les contourner

> Vieux de la vieille

  • 10 ans et +
  • Plutôt rares, en général on évolue vers du management, de la direction ou on change de domaine d’activité (séniors multi domaines)
  • Il ne craint personne, on ne la lui fait plus, mais attention à ne pas trop s’aigrir!

Combien d’XP pour le prochain niveau?

Notez que pour moi l’expérience se calcule à la mode Joel Spolsky, et que la durée nécessaire varie évidemment d’une personne à l’autre. Pour les anglophobes, les critères du père Spolsky sont les suivants :

  • On compte toutes les activités de développement, le design d’interface, le QA (les testeurs), les taches d’administration et production…
  • Pour les fonctions méta, le management, le marketing et la vente, on les compte si elles sont précisément dans le secteur que l’on veut qualifier (édition, décisionnel, webdev…)
  • On ne compte pas ce qu’il se passe pendant l’école. Exception de mon côté pour les apprentis dont je compte à 50% le temps passé en entreprise.
  • Pénalité sur les tâches répétitives qui sont ramenées à 1 année (3 ans en régie à faire la même chose ce n’est pas 3 ans d’expérience mais 3 fois la même unique année).
  • J’ajoute également un facteur sur la qualité de la veille technologique du collaborateur. Un développeur abonné à des flux RSS de bloggeurs, ou bloggeur lui-même, qui participe à la communauté, gagnera forcément un bonus par rapport à celui qui subit sa carrière.

Notez également qu’au-dessus de Sénior je ne mets pas Manageur. En effet Manageur est un type d’activité, dans lequel on peut être junior, confirmé ou sénior (confère encore les carrières).

Ce message s’adresse en partie aux consultants, pour savoir se situer en dehors de la surenchère des SSII dont c’est un levier pour faire grimper le taux de facturation (ainsi que compenser l’absence d’augmentation de salaire), mais également aux clients.

Pour ces derniers, ne vous attendez pas à ce qu’un consultant avec 2 ans d’expérience vous implémente une solution de bout en bout s’il est laissé tout seul sans encadrement. Soyez dubitatifs si c’est un confirmé qui est sensé encadrer 2 développeurs juniors. A force de vouloir tirer les prix vers le bas, vous voilà sous-équipés pour réussir.

La Dream Team, Basketball USA aux Jeux Olympiques de 1992

A vous de savoir assembler la dream team (ça ne nous rajeunit pas) !

Si votre projet est relativement simple, vous pourrez complétement vous appuyer sur des confirmés à la tête bien faite. Mais si le périmètre est suffisamment large pour nécessiter le déploiement de juniors, ou si le sujet fonctionnel est reconnu comme complexe, vous ne pourrez pas vous passer d’un sénior.

Même si ça paraît cher, il vaudra toujours mieux intégrer un sénior au 2/5ème à votre dispositif plutôt que prendre 6 mois de retard et livrer une solution de mauvaise qualité qui ne satisfera pas le besoin.